Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 31 Juillet 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 31 juillet 2022 est marquée par la survenue de 138 séismes de magnitudes comprises entre 1,3 et 5,2 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de juin 2022 durant lequel 113 séismes ont été observés, le mois de juillet a donc enregistré 25 séismes de plus, soit une augmentation de 22,12% environ.

Parmi les séismes notés, un seul, de magnitude 5,2 a été ressenti par la population. L’épicentre de ce dernier est localisé en mer, au Nord de Fort-Liberté dans le département du Nord-Est, au droit de la frontière haitiano-dominicaine. Il est à noter que 89,9% des séismes enregistrés, soit 124, ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 60,1%, soit 83, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). De plus, 60 séismes, soit 43,5%, sont survenus en mer; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si toutes les conditions avaient été réunies (magnitude minimum de 6,5 et profondeur maximum de 50 km, faille en mer, etc.).

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois de juillet 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 84% de ces séismes, soit 116 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 15 dans le Sud, 34 dans les Nippes et 67 dans la Grand’Anse. Durant le mois de juillet 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 31 juillet 2022.

Du 14 août 2021 au 31 juillet 2022 (11 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 1116 séismes, la Grand’Anse en a connu 930 et le Sud 359, soit un total de 2305 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 30 Juin 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 30 juin 2022 est marquée par la survenue de 113 séismes de magnitudes comprises entre 1.2 et 4.2 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de mai 2022 durant lequel 117 séismes ont été observés, l’activité sismique du mois de juin s’est révélée plus ou moins stable avec une légère diminution de 3.54%.

Parmi les séismes notés, un seul, de magnitude 2.95, a été ressenti par la population. L’épicentre de ce dernier est localisé à Kenskoff dans le département de l’Ouest. Il est à noter que 96.46% des séismes, soit 109, ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 61.95%, soit 70, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). De plus, 51.33% des séismes, soit 58, sont survenus en mer; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si toutes les conditions avaient été réunies (magnitude minimum de 6.5 et profondeur maximum de 50 km, faille en mer, etc.).

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois de juin 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 90.3% de ces séismes, soit 102, ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 22 dans le Sud, 28 dans les Nippes et 52 dans la Grand’Anse. Durant le mois de juin 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 30 juin 2022.

Du 14 août 2021 au 30 juin 2022 (10 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 982 séismes, la Grand’Anse en a connu 863 et le Sud 344, soit un total de 2189 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Haïti – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 31 Mai 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 31 mai 2022 est marquée par la survenue de 117 séismes de magnitudes comprises entre 1.3 et 4.5 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois d’avril 2022 durant lequel 108 séismes ont été observés, le mois de mai a donc enregistré 9 séismes de plus, soit une augmentation de 7.69% environ.

Parmi les séismes enregistrés, 5 ont été ressentis par la population ; ces derniers, de magnitude allant de 4 à 4.5, ont leur épicentre localisé dans les départements des Nippes, Nord-Ouest et Sud-Est. Il est à noter que 96 séismes, soit 82%, ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 82, soit 70%, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). De plus, 58 séismes, soit 49.6%, sont survenus en mer avec 1 le long de la faille Nord Hispaniola et 7 le long de la faille septentrionale; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si les conditions avaient été réunies.

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois de mai 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 82,05% de ces séismes, soit 96 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 10 dans le Sud, 38 dans les Nippes et 48 dans la Grand’Anse. Durant le mois de mai 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 31 mai 2022.

Du 14 août 2021 au 31 mai 2022 (9 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 954 séismes, la Grand’Anse en a connu 811 et le Sud 322, soit un total de 2087 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Pour savoir quoi faire en cas de seisme, cliquez ici

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 30 Avril 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 30 avril 2022 est marquée par la survenue de 108 séismes de magnitudes comprises entre 1.3 et 5.3 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de mars 2022 durant lequel 179 séismes ont été observés, le mois d’avril a donc enregistré 71 séismes de moins, soit une diminution de 39.67% environ.

Parmi les séismes notés, 3 ont été ressentis par la population; ces derniers, de magnitude allant de 4 à 5.3, ont leur épicentre localisé dans le département de la Grand’Anse. 78.7%, soit 85 des séismes notés ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 69.44%, soit 75, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). 77, soit 71.3%, sont survenus en mer avec 1 le long de la faille Nord Hispaniola, 4 le long de la faille septentrionale, 3 le long de la faille Enriquillo Plantain Garden et 69 le long du système Nord Grand’Anse – Nippes; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si les conditions avaient été réunies.

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois d’avril 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 90.74% de ces séismes, soit 98 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 8 dans le Sud, 15 dans les Nippes et 75 dans la Grand’Anse. Durant le mois d’avril 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 30 avril 2022.

Du 14 août 2021 au 30 avril 2022 (8 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 916 séismes, la Grand’Anse en a connu 763 et le Sud 312, soit un total de 1991 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 28 Février 2022

Le bilan sismique du mois de février 2022, basé sur les événements enregistrés par les réseaux sismologiques nationaux et régionaux (Ayiti-séismes, UTS-BME, RD-OSPL-Loyola), se présente comme suit : 137 séismes de magnitude comprise entre 1,3 et 4,9 ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire national au cours du mois de février 2022. Ils sont qualifiés de très mineurs à légers. Quatre (4) d’entre eux ont eu des magnitudes comprises entre 4,0 et 4,9 dont 1 dans le Nord-ouest et 3 dans la Grand’Anse ;

Par rapport au mois de janvier 2022 durant lequel 311 séismes ont été observés, le mois de février a enregistré 174 séismes de moins, soit une diminution de 127 % environ. Cette baisse est due d’abord aux diminutions avec le temps des répliques du séisme du 14 août 2021 (choc principal de magnitude 7,2) près de l’Asile dans les Nippes et ensuite aux diminutions graduelles des nouvelles répliques du séisme du 24 janvier 2022 (choc principal de magnitude 5,5) près d’Anse-à-Veau, toujours dans les Nippes ;

Entre le 1er et le 28 février 2022, les trois départements les plus secoués sont toujours ceux qui ont été les plus touchés par le séisme majeur du 14 août 2021, à savoir :

  • les Nippes avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • la Grand’Anse avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • le Sud avec 31 séismes sur 137, soit 22,6 % ;

soit un total de 119 séismes sur 137 pour les trois départements sur dix, ce qui représente 86,8 % des séismes enregistrés pour le mois de février.

La profondeur des séismes survenus au cours du mois de février se situe entre 0 et 84 km. On peut alors les qualifier de séismes superficiels.

Du 14 août 2021 au 28 février 2022 (6 mois 18 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent de subir les conséquences de ce séisme majeur. En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 884 séismes, la Grand’Anse en a connu 548 avec un fort pourcentage situé en mer au nord de Jérémie et le Sud 290, soit un total de 1722 séismes. Il faudrait néanmoins faire la distinction entre les répliques du 14 août 2021 et celles du 24 janvier 2022, ainsi que les nouveaux séismes enregistrés dans la Grand’Anse.

Haïti, pays à haut risque sismique : Est-il possible de prévoir des séismes dans une date précise ?

Généralement, un message alarmant, qu’il soit vrai ou faux, circule très rapidement sur les réseaux sociaux notamment via WhatsApp et crée ainsi la panique au sein de la population profane.

Sur les réseaux sociaux, toute forme d’information circule. Certaines d’entre elles sont vraies mais d’autres fausses. Parmi les fausses informations, nous rencontrons souvent des messages qui précisent, la date, l’heure, et le lieu où il va avoir un séisme.

En Haïti, très souvent on entend dire que bientôt, un séisme touchera encore le pays mais que celui-là sera plus dévastateur que celui du 12 janvier 2010… Du coup, on se demande si c’est possible de prévoir des séismes !

NON, NON, absolument NON !  On ne peut pas prévoir les séismes !

Jusqu’à présent, les chercheurs ne trouvent pas encore la formule ou les outils nécessaires pouvant servir à prévoir les séismes dans un temps et dans un lieu bien précis. Selon l’Ingénieur Géologue Claude Prépetit, on peut faire une prévision à long terme, c’est-à-dire, dans quelle période un séisme peut frapper une région quelconque qui dispose d’une activité sismique.

Par exemple, en Haïti notamment dans le département du Nord, un séisme d’une forte magnitude peut se produire à n’importe quel moment selon les prévisions géologiques. C’est le même cas de figure pour la Californie aux Etats Unis d’Amérique, qui attend un séisme de grande magnitude que les américains appellent « the big one ».

Une prévision efficace des séismes comprend 4 éléments : La date, l’heure, le lieu et la magnitude de ce séisme. 

Mise au point sur la sismicité d’Haïti

Haïti est un pays qui détient une activité sismique très active avec deux grandes failles et d’autres petites failles. On a la faille septentrionale qui traverse le grand Nord et la faille de la presqu’île du Sud qui traverse le grand Sud.

En plus de notre sismicité active, ce pays est très vulnérable par rapport à cette menace parce qu’on multiplie de jour en jour nos constructions anarchiques notamment en milieu urbain, ce qui risque de produire une catastrophe à n’importe quel moment. Pour le bien-être de votre santé, restez vigilant par rapport aux fausses informations pour éviter de paniquer. L’AGERCA profite de cette occasion pour vous inviter à rester connecté avec les sources officielles comme la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et le Bureau des Mines et de l’Energie (BME) pour des informations liées à la sismicité du pays. Suivez aussi l’AGERCA qui divulgue ces informations officielles sur toutes ses pages sur les réseaux sociaux et sur son site internet.

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin annuel de 2021 des activités sismiques en Haïti

Le bilan sismique de l’année se présente comme suit :

1647 secousses sismiques de magnitudes comprises entre 1,0 et 7,2 considérées comme très mineures à majeures, ont été enregistrées sur l’ensemble du territoire national entre janvier et décembre 2021. Par rapport à l’année 2020, qui a connu 499 séismes de magnitudes comprises entre 1,0 et 4,9 qualifiées de très mineures à légères, l’année 2021 a enregistré une augmentation de 1148 séismes, soit une hausse de 230 %.

Cette augmentation est due au séisme majeur de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter survenu le samedi 14 août 2021 dans le département des Nippes à 8h29’07’’, heure locale. Selon les premiers calculs, l’épicentre de cet événement a été localisé sur le système de failles Enriquillo Plantain Garden à 18,49o de latitude nord et -73,59o de longitude ouest, à une profondeur de 10 km. Ce séisme s’est produit plus précisément dans la commune des Baradères à 12 km de Saint-Louis du Sud, 6 km de L’Asile et 10 km de Petit Trou de Nippes. D’après les résultats préliminaires, le séisme s’est produit en deux temps : un premier segment s’est rompu entre les communes de L’Asile et de Baradères en relâchant l’essentiel de l’énergie, 40 % plus importante qu’en 2010 ; la rupture s’est ensuite propagée vers l’ouest dans la zone du Pic Macaya – Maniche – Camp-Perrin en devenant plus superficielle. Le séisme a rompu un segment de faille d’environ 50 km de longueur (de L’Asile à l’est, au Pic Macaya à l’ouest). Le glissement moyen sur la faille est d’environ 2 mètres (Calais et al.)

L’enregistrement des séismes mensuels au cours de l’année 2021 montre deux périodes. La première s’étend du 1er janvier au 13 août, au cours de laquelle 280 séismes (17 %) ont été enregistrés et la seconde va du 14 août au 31 décembre qui a connu 1367 séismes (83 %), ce qui a donné le total de 1647 séismes pour l’année.

Si on considère les séismes enregistrés par département géographique, on constate que durant la première période, du 1er janvier au 13 août 2021, les départements les plus sismiquement sollicités ne diffèrent pas trop de ceux observés en 2020. En effet, le Nord-ouest, le Sud-est et l’Ouest ont toujours conservé leur grande activité sismique sur le territoire tandis que la Grand’Anse, le Nord-est et le Centre se sont encore révélés de moindre activité.

Durant la seconde période allant du 14 août au 31 décembre 2021, la situation a drastiquement changé depuis le séisme du samedi 14 août dans les Nippes. En effet, les trois départements les plus touchés par ce séisme, à savoir, les Nippes, la Grand’Anse et le Sud ont occupé la tête du classement pendant les cinq derniers mois de l’année 2021. Cette situation est fort compréhensible pour les Nippes où l’épicentre du séisme de magnitude 7,2 a été localisé et autour duquel on s’attendait à avoir des répliques. De plus, quelques heures après le choc, les calculs de mouvements du sol ont montré que la secousse a été violente dans une région s’étendant de la commune des Cayes à celle de L’Asile et sur toute la largeur de la Péninsule Sud. Plus de 900 répliques ont été enregistrées par la suite dont 400 de magnitude supérieure à 3 susceptibles de causer des dégâts aux bâtiments et de provoquer des mouvements de terrain. Les parties montagneuses des communes dont Corail, Pestel, Cam-Perrin, Maniche, Torbeck, Asile, Arnaud, ont été les plus touchées. Après le choc, les répliques se sont étendues sur 80 km de longueur dans la direction est-ouest dans la Péninsule du Sud et semblent correspondre aux deux plans de rupture mentionnés.

Le séisme du 14 août a, paraît-il, entraîné une crise sismique dans la Grand’Anse qui a enregistré 396 secousses du 14 août au 31 décembre et dont certains épicentres se situent en mer autour de la faille Nord-Grand’Anse-Nippes mise en évidence en 2017 par le « projet de cartographie multirisques de la Grand’Anse » du MPCE mise en oeuvre par le PNUD. Cette faille de 220 km de long a un potentiel sismique de 7,2 d’après les études du PNUD, elle est distante d’une quinzaine de km au nord de la ville de Jérémie, elle a été peut être activée par le séisme du 14 août et on continue à enregistrer des secousses dans la Grand’Anse au début de l’année 2022, ce qui ferait craindre un séisme majeur sur cette faille suivi de tsunami qui seraient néfastes pour la côte nord de la presqu’île du Sud.

En conclusion, dans un intervalle de onze ans (2010-2021), Haïti a été frappée en deux fois par des séismes majeurs de magnitude 7 et 7,2, respectivement celui du 12 janvier 2010 et celui du 14 août 2021. Dans les deux cas, il y a eu des dommages énormes, des pertes en vies humaines et économiques considérables. Face à ces catastrophes récurrentes, Il est plus que temps de disposer d’un plan de réduction du risque sismique en Haïti à l’échelle nationale, car l’aléa est national, et de pratiquer de manière continue la prévention, unique moyen de réduire la vulnérabilité de la population aux effets des aléas sismiques imprédictibles. Aussi, nous lançons un appel à nos chers compatriotes pour leur demander de prendre davantage conscience de ce phénomène naturel, de « Travailler sans relâche à la sauvegarde de l’environnement de leur pays et de s’efforcer toujours de le placer sur la voie de la sécurité sismique en pensant à de meilleures constructions et en appliquant les consignes de la Protection Civile ».

12 Janvier 2010 – 12 Janvier 2022 : 12 ans après, le pays est encore plus vulnérable qu’avant ce séisme dévastateur

12 janvier 2010 – 12 janvier 2022, 12 ans après ce séisme dévastateur qui a causé la mort d’environ 220.000 personnes dont nous saluons la mémoire ici, force est de constater que notre cher pays est toujours si ce n’est davantage, autant vulnérable aux aléas qu’il ne l’était à l’époque.

Au-delà de ces pertes incommensurables en vie humaine, la perte économique de plus de 7.804 milliards de dollars US selon le Rapport d’évaluation du gouvernement, 2010, aurait dû porter les instances dirigeantes à prendre des dispositions multiples afin non seulement d’éviter que tel drame humain ne se reproduise mais aussi prévenir une autre catastrophe économique. En effet, investir dans la protection coûte 100 fois moins cher que dans la réparation.

Comme le dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Il est temps que toutes les bonnes volontés à tous les niveaux de la vie nationale se regroupent pour bâtir une Haïti résiliente, étape par étape, chacun à son niveau. Parmi les tâches à achever, on peut citer :

  1. La mise en place de politiques publiques prenant en compte les risques ;
  2. Le renforcement de la conscientisation générale de la population ;
  3. L’implication plus forte de la société civile ;
  4. L’implémentation de projets durables au bénéfice des communautés les plus vulnérables.

L’AGERCA étant la représentante du secteur privé et de la société civile dans le Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD), renouvelle son engagement pour continuer à jouer son rôle d’accompagner le SNGRD dans la construction de la résilience du pays.

AGERCA – Note de presse : Remerciement aux institutions qui ont contribué dans la réponse du séisme 14 août

Après une année 2021 remplie de difficultés de toutes sortes, nous voici déjà en 2022, à la veille de l’anniversaire de cette tragédie qui a marqué à jamais le pays et dont les stigmates sont toujours visibles. L’Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activités (AGERCA), représentante du secteur privé et de la société civile renouvelle son engagement auprès de la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) pour collaborer dans le cadre de la Gestion des Risques de Désastre en Haïti.

Malheureusement comme cela devient une triste habitude, 2021 a apporté son lot de catastrophes naturelles et autres qui ont laissé des traces indélébiles avec un goût amer dans la bouche de toute la population haïtienne, en particulier avec le séisme du 14 Août dans la péninsule du grand Sud du pays puis l’incendie terrible du Cap-Haitien dans la nuit du 13 au 14 décembre 2021 parmi tant d’autres tragédies et cette insécurité galopante qui ne fait qu’ajouter à l’instabilité politique et vice versa.  

Nous avons déjà raté beaucoup d’occasions de relancer l’économie de ce pays, condition sine qua none pour nous préparer à faire face aux grands défis. Alors nous devons faire que cette année 2022 nous permette enfin d’entrevoir la sortie du tunnel et préparer un avenir meilleur pour nos enfants. Les menaces naturelles font partie de notre vie, nous devons nous préparer à y faire face et être en mesure de les gérer au mieux afin d’en minimiser les effets.

Par la présente, l’AGERCA adresse un sincère remerciement aux institutions suivantes :  BRANA, Culligan, AIC, DIGICEL, AHF, Papyrus, Matpar, Reinbold Import Export, TVB, HERO, Bandari, les groupes Canez et REBO, Shippex, One Diaspora, Casami, EKO Dépôt, Ibo Kinkay, Codevi, Enmarcolda, Val d’Or, Cemex, Farmatrix, Séjourné, Quality Sewing, Industrie San Miguel Haïti, les stations de média partenaires, les chambres de commerce et associations patronales ainsi que toutes les autres institutions pour leurs contributions incommensurables dans le cadre de la réponse suite au séisme du 14 août dernier sans oublier bien sur la DGPC, partenaire essentiel. Tous les supports, en nature et en espèce, ont été reçus avec un sentiment de gratitude car ils ont apporté joie et espérance aux victimes.

De manière particulière, l’AGERCA envoie un remerciement spécial à tous les membres du secteur privé des affaires, de la société civile mais encore une fois à la DGPC pour leurs contributions et assistance à chaque situation de crise que nous connaissons en Haïti.

Pour cette nouvelle année, l’AGERCA partage avec vous ses vœux de bonheur, de paix, d’amour et de sérénité afin de passer une excellente année en toute sûreté et sécurité par rapport aux différentes menaces auxquelles le pays est exposé.

Danje a pou nou tout !  

Construire la résilience d’Haïti par l’éducation, l’engagement citoyen et la gestion des risques

Haïti a une longue histoire quant aux risques naturels, dont deux tremblements de terre majeurs depuis 2010, ainsi qu’à l’instabilité politique et à la pauvreté. En raison de son contexte géomorphologique et sismotectonique, Haïti est extrêmement vulnérable aux risques naturels comme le séisme de magnitude 7,2 qui a frappé le pays le 14 août 2021, faisant 2 000 morts et le séisme de magnitude 7,0 de 2010, qui a causé 200 000 morts et des pertes et des dommages estimés à 11 milliards de dollars.

Renforcer les capacités et encourager l’action citoyenne en matière de prévention des risques

Tirant les leçons de cette expérience, Haïti s’est fixé pour objectif d’améliorer sa résilience et de renforcer les capacités techniques nécessaires pour répondre de manière efficace à ces aléas. Certains de ces efforts incluent l’installation de 12 capteurs sismologiques professionnels à travers le pays par l’Université d’État d’Haïti en 2020, une démarche qui a permis au pays d’enregistrer, de localiser et d’analyser rapidement l’activité sismique sur le territoire, y compris les tremblements de terre et les répliques.

Une autre initiative est une campagne pour installer des stations semi-professionnelles à faible coût dans les maisons privées. Grâce à ces capteurs placés gratuitement chez des particuliers, le séisme du 14 août 2021 et les centaines de répliques qui ont suivi, ont pu être enregistrés par les stations sismologiques locales, dont celle du port de Saint-Louis-du-Sud.

Dans le passé, les séismes de faible magnitude pouvaient passer inaperçus car les stations régionales ne pouvaient pas les détecter. Aujourd’hui, même les séismes de magnitude inférieure à 2 sont détectés et enregistrés par le réseau local de stations sismologiques.

Toutes ces avancées techniques, en plus des contributions des citoyens, sont indispensables pour mieux comprendre les processus physiques mis en jeu lors des séismes, estimer les risques sismiques et limiter les dommages et les effets meurtriers des événements sismiques.

Éduquer les générations futures

L’autonomisation des jeunes est également devenue un enjeu stratégique. Une campagne de formation lancée par l’Université d’État d’Haïti, a permis à des dizaines d’étudiants haïtiens de poursuivre leurs études doctorales à l’étranger, rendant la nation moins dépendante des chercheurs étrangers.

Par ailleurs, suite au séisme de 2010, l’Unité de Recherche de la Faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti, avec l’appui du PNUD, propose désormais le premier master en Géosciences. Un nombre total de 50 étudiants haïtiens se sont inscrits dans ce programme d’éducation depuis son lancement.

De la gestion des risques sismiques au relèvement post-catastrophe

En plus de sa contribution à la prévention des catastrophes, suite au séisme de 2021, le PNUD a travaillé avec la Direction générale de la protection civile dans la gestion et le traitement des données au Centre national des opérations d’urgence et aux Centres départementaux des opérations d’urgence, facilitant la systématisation des informations, pour une meilleure évaluation des besoins qui permet le relèvement durable du Grand Sud.
 
Malgré tous les efforts déployés depuis 2010, il existe encore de nombreux défis dans la gestion des risques de catastrophe en Haïti, notamment des défis budgétaires auxquels sont confrontées les institutions de l’État telles que l’Université d’État d’Haïti, la Direction générale de la protection civile et l’Unité technique de sismologie. Pour résoudre ces problèmes, le PNUD a soutenu ces institutions par l’achat d’équipements géophysiques et de gestion des urgences, l’acquisition de stations sismologiques, la formation et le développement d’outils de prévention et de gestion des catastrophes.
 
L’appui du PNUD à la prévention et à la gestion des catastrophes en Haïti va au-delà du risque sismique. Il contribue également à travers des études multi-aléas dans plusieurs départements du pays en termes de gestion des risques de catastrophe et de relèvement. Avec cette approche territoriale basée sur la connaissance des risques, le PNUD aide Haïti à renforcer ses capacités et à devenir plus résilient face aux catastrophes naturelles.

Source : Sadrac Saint-Fleur – Risk and Disaster Management Expert, UNDP Haiti