AGERCA – Lancement du concours de sensibilisation sur le risque sismique

En rappel du tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activités (AGERCA) met en évidence les points clés pour mieux identifier les différents gestes qui sauvent et les comportements à adopter en cas de survenance d’un aléa ayant les mêmes caractéristiques. Un grand nombre d’Haïtien se souvient de cette date tragique qui a laissé des traces indélébiles dans notre mémoire.

En commémoration de cette date, l’AGERCA lance un concours de sensibilisation sur le risque sismique à travers les réseaux sociaux. Ce dernier dont le thème est ” mwen sonje, mwen aprann ”  s’étend sur la période allant du 12 janvier au 12 Mars 2023. A travers cette activité, l’AGERCA vise à renforcer la vulgarisation des mesures de précaution à adopter avant, pendant et après l’arrivée d’un éventuel séisme. Ce concours s’inscrit dans une stratégie de diversification de la sensibilisation de la population haïtienne au risque sismique.

Tirons ensemble les leçons de cet événement et les mettre en œuvre est plus que prioritaire

Pour participer au concours, il faut enregistrer et envoyer une vidéo d’une durée n’excédant pas deux (2) minutes avec l’idée de vulgariser des messages afin de mieux aider à la préparation des citoyens en matière de risque sismique. Les vidéos doivent être en format MP4 et envoyées à l’email de l’AGERCA – communication@agerca.ht  ou par WhatsApp au numéro suivant (+509) 3116-1717 en incluant le nom et prénom du participant. Les 5 gagnants seront sélectionnés sur la base des vidéos les plus populaires ou virales, c’est-à-dire avec le plus de “partage”, de “j’aime” et de “commentaire”.

1 541 tremblements de terre enregistrés en Haïti pour l’année 2022, selon le BME

Comme il est de coutume, depuis quelques années, l’Unité Technique de Sismologie (UTS) du Bureau des Mines et de l’Energie (BME), en plus des bulletins sismiques mensuels préparés et publiés, se fait le plaisir de vous présenter, cette année encore, le bilan des activités sismiques observées en Haïti durant l’année 2022 au cours des mois allant de janvier à décembre. Les informations qui y figurent, évidemment traitées et analysées, sont collectées à partir des réseaux locaux (Ayiti-séismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine). Ce bilan se présente comme suit :

Quantité et magnitude des séismes enregistrés

Mille quatre cent cinquante et un (1451) séismes de magnitude comprise entre 0,7 et 5,5 ont été enregistrés. La plus grande magnitude notée pour l’année 2022 a été de 5,5 survenue à 8h16’22’’ le 23 janvier près de la ville d’Anse-à-Veau dans le département des Nippes.

Répartition géographique des séismes enregistrés

Les séismes enregistrés au cours de l’année se répartissent à travers les dix (10) départements géographiques du pays et montrent encore une inégale activité sismique dans chaque département. La Grand‘Anse, les Nippes et le Sud se retrouvent en tête de liste en raison des conséquences du séisme de magnitude 7,2 survenu le 14 août 2021 dans le département des Nippes. Ces départements sont suivis de ceux de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Est et du Nord’Est. Les départements où les activités sismiques ont été les moins intenses au cours de l’année sont le Nord, l’Artibonite et le Centre. Il n’en a pas toujours été ainsi car en 2020 le classement par département par ordre décroissant se présentait de la façon suivante : Nord-Ouest, Sud-Est, Ouest, Nord, Nippes, Artibonite, Sud, Centre, Nord-Est et la Grand’Anse qui occupait la dernière position dans le classement.

Courbes évolutives des séismes enregistrés

Les courbes évolutives des séismes enregistrés dans les trois (3) départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021 dans les Nippes sont indiquées pour l’année. L’analyse de ces courbes dénotent combien un séisme majeur survenu dans une région peut entraîner un certain nombre de répliques autour de son épicentre, mais également des conséquences imprévisibles allant à l’activation de certaines failles non actives situées dans sa périphérie. Il peut également augmenter localement, pendant un certain temps, l’activité sismique de la région au détriment des autres départements. Au cours de l’année, les stations sismiques ont enregistré pour les trois départements mille cent quatre-vingt-quinze (1195) séismes de magnitude inférieure ou égale à 5,5, soit 82,4 % des 1451 séismes.

Il est à remarquer que le département de la Grand’Anse a connu une intense activité sismique durant toute l’année 2022 avec 633 séismes sur 1195, soit 53 % de ces séismes. La plupart des épicentres sont localisés en mer, au Nord de Jérémie, autour de la faille Nord-Grand’Anse-Nippes cartographiée par le PNUD en 2017. Rappelons que la ville de Jérémie est située à environ 70 km à l’ouest de l’épicentre du séisme du 14 août et que les secousses de la Grand’Anse s’apparentent à une réactivation de la faille Nord-Grand’Anse-Nippes. Les séismes en mer autour de cette faille représentent environ 89,7 % (568) de l’ensemble des séismes enregistrés pour l’année dans la Grand’Anse (633).

Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 31 Juillet 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 31 juillet 2022 est marquée par la survenue de 138 séismes de magnitudes comprises entre 1,3 et 5,2 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de juin 2022 durant lequel 113 séismes ont été observés, le mois de juillet a donc enregistré 25 séismes de plus, soit une augmentation de 22,12% environ.

Parmi les séismes notés, un seul, de magnitude 5,2 a été ressenti par la population. L’épicentre de ce dernier est localisé en mer, au Nord de Fort-Liberté dans le département du Nord-Est, au droit de la frontière haitiano-dominicaine. Il est à noter que 89,9% des séismes enregistrés, soit 124, ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 60,1%, soit 83, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). De plus, 60 séismes, soit 43,5%, sont survenus en mer; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si toutes les conditions avaient été réunies (magnitude minimum de 6,5 et profondeur maximum de 50 km, faille en mer, etc.).

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois de juillet 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 84% de ces séismes, soit 116 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 15 dans le Sud, 34 dans les Nippes et 67 dans la Grand’Anse. Durant le mois de juillet 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 31 juillet 2022.

Du 14 août 2021 au 31 juillet 2022 (11 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 1116 séismes, la Grand’Anse en a connu 930 et le Sud 359, soit un total de 2305 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 30 Juin 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 30 juin 2022 est marquée par la survenue de 113 séismes de magnitudes comprises entre 1.2 et 4.2 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de mai 2022 durant lequel 117 séismes ont été observés, l’activité sismique du mois de juin s’est révélée plus ou moins stable avec une légère diminution de 3.54%.

Parmi les séismes notés, un seul, de magnitude 2.95, a été ressenti par la population. L’épicentre de ce dernier est localisé à Kenskoff dans le département de l’Ouest. Il est à noter que 96.46% des séismes, soit 109, ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 61.95%, soit 70, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). De plus, 51.33% des séismes, soit 58, sont survenus en mer; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si toutes les conditions avaient été réunies (magnitude minimum de 6.5 et profondeur maximum de 50 km, faille en mer, etc.).

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois de juin 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 90.3% de ces séismes, soit 102, ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 22 dans le Sud, 28 dans les Nippes et 52 dans la Grand’Anse. Durant le mois de juin 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 30 juin 2022.

Du 14 août 2021 au 30 juin 2022 (10 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 982 séismes, la Grand’Anse en a connu 863 et le Sud 344, soit un total de 2189 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Haïti – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 31 Mai 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 31 mai 2022 est marquée par la survenue de 117 séismes de magnitudes comprises entre 1.3 et 4.5 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois d’avril 2022 durant lequel 108 séismes ont été observés, le mois de mai a donc enregistré 9 séismes de plus, soit une augmentation de 7.69% environ.

Parmi les séismes enregistrés, 5 ont été ressentis par la population ; ces derniers, de magnitude allant de 4 à 4.5, ont leur épicentre localisé dans les départements des Nippes, Nord-Ouest et Sud-Est. Il est à noter que 96 séismes, soit 82%, ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 82, soit 70%, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). De plus, 58 séismes, soit 49.6%, sont survenus en mer avec 1 le long de la faille Nord Hispaniola et 7 le long de la faille septentrionale; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si les conditions avaient été réunies.

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois de mai 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 82,05% de ces séismes, soit 96 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 10 dans le Sud, 38 dans les Nippes et 48 dans la Grand’Anse. Durant le mois de mai 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 31 mai 2022.

Du 14 août 2021 au 31 mai 2022 (9 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 954 séismes, la Grand’Anse en a connu 811 et le Sud 322, soit un total de 2087 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Pour savoir quoi faire en cas de seisme, cliquez ici

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 30 Avril 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 30 avril 2022 est marquée par la survenue de 108 séismes de magnitudes comprises entre 1.3 et 5.3 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de mars 2022 durant lequel 179 séismes ont été observés, le mois d’avril a donc enregistré 71 séismes de moins, soit une diminution de 39.67% environ.

Parmi les séismes notés, 3 ont été ressentis par la population; ces derniers, de magnitude allant de 4 à 5.3, ont leur épicentre localisé dans le département de la Grand’Anse. 78.7%, soit 85 des séismes notés ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 69.44%, soit 75, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). 77, soit 71.3%, sont survenus en mer avec 1 le long de la faille Nord Hispaniola, 4 le long de la faille septentrionale, 3 le long de la faille Enriquillo Plantain Garden et 69 le long du système Nord Grand’Anse – Nippes; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si les conditions avaient été réunies.

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois d’avril 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 90.74% de ces séismes, soit 98 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 8 dans le Sud, 15 dans les Nippes et 75 dans la Grand’Anse. Durant le mois d’avril 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 30 avril 2022.

Du 14 août 2021 au 30 avril 2022 (8 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 916 séismes, la Grand’Anse en a connu 763 et le Sud 312, soit un total de 1991 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 28 Février 2022

Le bilan sismique du mois de février 2022, basé sur les événements enregistrés par les réseaux sismologiques nationaux et régionaux (Ayiti-séismes, UTS-BME, RD-OSPL-Loyola), se présente comme suit : 137 séismes de magnitude comprise entre 1,3 et 4,9 ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire national au cours du mois de février 2022. Ils sont qualifiés de très mineurs à légers. Quatre (4) d’entre eux ont eu des magnitudes comprises entre 4,0 et 4,9 dont 1 dans le Nord-ouest et 3 dans la Grand’Anse ;

Par rapport au mois de janvier 2022 durant lequel 311 séismes ont été observés, le mois de février a enregistré 174 séismes de moins, soit une diminution de 127 % environ. Cette baisse est due d’abord aux diminutions avec le temps des répliques du séisme du 14 août 2021 (choc principal de magnitude 7,2) près de l’Asile dans les Nippes et ensuite aux diminutions graduelles des nouvelles répliques du séisme du 24 janvier 2022 (choc principal de magnitude 5,5) près d’Anse-à-Veau, toujours dans les Nippes ;

Entre le 1er et le 28 février 2022, les trois départements les plus secoués sont toujours ceux qui ont été les plus touchés par le séisme majeur du 14 août 2021, à savoir :

  • les Nippes avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • la Grand’Anse avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • le Sud avec 31 séismes sur 137, soit 22,6 % ;

soit un total de 119 séismes sur 137 pour les trois départements sur dix, ce qui représente 86,8 % des séismes enregistrés pour le mois de février.

La profondeur des séismes survenus au cours du mois de février se situe entre 0 et 84 km. On peut alors les qualifier de séismes superficiels.

Du 14 août 2021 au 28 février 2022 (6 mois 18 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent de subir les conséquences de ce séisme majeur. En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 884 séismes, la Grand’Anse en a connu 548 avec un fort pourcentage situé en mer au nord de Jérémie et le Sud 290, soit un total de 1722 séismes. Il faudrait néanmoins faire la distinction entre les répliques du 14 août 2021 et celles du 24 janvier 2022, ainsi que les nouveaux séismes enregistrés dans la Grand’Anse.

Haïti, pays à haut risque sismique : Est-il possible de prévoir des séismes dans une date précise ?

Généralement, un message alarmant, qu’il soit vrai ou faux, circule très rapidement sur les réseaux sociaux notamment via WhatsApp et crée ainsi la panique au sein de la population profane.

Sur les réseaux sociaux, toute forme d’information circule. Certaines d’entre elles sont vraies mais d’autres fausses. Parmi les fausses informations, nous rencontrons souvent des messages qui précisent, la date, l’heure, et le lieu où il va avoir un séisme.

En Haïti, très souvent on entend dire que bientôt, un séisme touchera encore le pays mais que celui-là sera plus dévastateur que celui du 12 janvier 2010… Du coup, on se demande si c’est possible de prévoir des séismes !

NON, NON, absolument NON !  On ne peut pas prévoir les séismes !

Jusqu’à présent, les chercheurs ne trouvent pas encore la formule ou les outils nécessaires pouvant servir à prévoir les séismes dans un temps et dans un lieu bien précis. Selon l’Ingénieur Géologue Claude Prépetit, on peut faire une prévision à long terme, c’est-à-dire, dans quelle période un séisme peut frapper une région quelconque qui dispose d’une activité sismique.

Par exemple, en Haïti notamment dans le département du Nord, un séisme d’une forte magnitude peut se produire à n’importe quel moment selon les prévisions géologiques. C’est le même cas de figure pour la Californie aux Etats Unis d’Amérique, qui attend un séisme de grande magnitude que les américains appellent « the big one ».

Une prévision efficace des séismes comprend 4 éléments : La date, l’heure, le lieu et la magnitude de ce séisme. 

Mise au point sur la sismicité d’Haïti

Haïti est un pays qui détient une activité sismique très active avec deux grandes failles et d’autres petites failles. On a la faille septentrionale qui traverse le grand Nord et la faille de la presqu’île du Sud qui traverse le grand Sud.

En plus de notre sismicité active, ce pays est très vulnérable par rapport à cette menace parce qu’on multiplie de jour en jour nos constructions anarchiques notamment en milieu urbain, ce qui risque de produire une catastrophe à n’importe quel moment. Pour le bien-être de votre santé, restez vigilant par rapport aux fausses informations pour éviter de paniquer. L’AGERCA profite de cette occasion pour vous inviter à rester connecté avec les sources officielles comme la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et le Bureau des Mines et de l’Energie (BME) pour des informations liées à la sismicité du pays. Suivez aussi l’AGERCA qui divulgue ces informations officielles sur toutes ses pages sur les réseaux sociaux et sur son site internet.

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin annuel de 2021 des activités sismiques en Haïti

Le bilan sismique de l’année se présente comme suit :

1647 secousses sismiques de magnitudes comprises entre 1,0 et 7,2 considérées comme très mineures à majeures, ont été enregistrées sur l’ensemble du territoire national entre janvier et décembre 2021. Par rapport à l’année 2020, qui a connu 499 séismes de magnitudes comprises entre 1,0 et 4,9 qualifiées de très mineures à légères, l’année 2021 a enregistré une augmentation de 1148 séismes, soit une hausse de 230 %.

Cette augmentation est due au séisme majeur de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter survenu le samedi 14 août 2021 dans le département des Nippes à 8h29’07’’, heure locale. Selon les premiers calculs, l’épicentre de cet événement a été localisé sur le système de failles Enriquillo Plantain Garden à 18,49o de latitude nord et -73,59o de longitude ouest, à une profondeur de 10 km. Ce séisme s’est produit plus précisément dans la commune des Baradères à 12 km de Saint-Louis du Sud, 6 km de L’Asile et 10 km de Petit Trou de Nippes. D’après les résultats préliminaires, le séisme s’est produit en deux temps : un premier segment s’est rompu entre les communes de L’Asile et de Baradères en relâchant l’essentiel de l’énergie, 40 % plus importante qu’en 2010 ; la rupture s’est ensuite propagée vers l’ouest dans la zone du Pic Macaya – Maniche – Camp-Perrin en devenant plus superficielle. Le séisme a rompu un segment de faille d’environ 50 km de longueur (de L’Asile à l’est, au Pic Macaya à l’ouest). Le glissement moyen sur la faille est d’environ 2 mètres (Calais et al.)

L’enregistrement des séismes mensuels au cours de l’année 2021 montre deux périodes. La première s’étend du 1er janvier au 13 août, au cours de laquelle 280 séismes (17 %) ont été enregistrés et la seconde va du 14 août au 31 décembre qui a connu 1367 séismes (83 %), ce qui a donné le total de 1647 séismes pour l’année.

Si on considère les séismes enregistrés par département géographique, on constate que durant la première période, du 1er janvier au 13 août 2021, les départements les plus sismiquement sollicités ne diffèrent pas trop de ceux observés en 2020. En effet, le Nord-ouest, le Sud-est et l’Ouest ont toujours conservé leur grande activité sismique sur le territoire tandis que la Grand’Anse, le Nord-est et le Centre se sont encore révélés de moindre activité.

Durant la seconde période allant du 14 août au 31 décembre 2021, la situation a drastiquement changé depuis le séisme du samedi 14 août dans les Nippes. En effet, les trois départements les plus touchés par ce séisme, à savoir, les Nippes, la Grand’Anse et le Sud ont occupé la tête du classement pendant les cinq derniers mois de l’année 2021. Cette situation est fort compréhensible pour les Nippes où l’épicentre du séisme de magnitude 7,2 a été localisé et autour duquel on s’attendait à avoir des répliques. De plus, quelques heures après le choc, les calculs de mouvements du sol ont montré que la secousse a été violente dans une région s’étendant de la commune des Cayes à celle de L’Asile et sur toute la largeur de la Péninsule Sud. Plus de 900 répliques ont été enregistrées par la suite dont 400 de magnitude supérieure à 3 susceptibles de causer des dégâts aux bâtiments et de provoquer des mouvements de terrain. Les parties montagneuses des communes dont Corail, Pestel, Cam-Perrin, Maniche, Torbeck, Asile, Arnaud, ont été les plus touchées. Après le choc, les répliques se sont étendues sur 80 km de longueur dans la direction est-ouest dans la Péninsule du Sud et semblent correspondre aux deux plans de rupture mentionnés.

Le séisme du 14 août a, paraît-il, entraîné une crise sismique dans la Grand’Anse qui a enregistré 396 secousses du 14 août au 31 décembre et dont certains épicentres se situent en mer autour de la faille Nord-Grand’Anse-Nippes mise en évidence en 2017 par le « projet de cartographie multirisques de la Grand’Anse » du MPCE mise en oeuvre par le PNUD. Cette faille de 220 km de long a un potentiel sismique de 7,2 d’après les études du PNUD, elle est distante d’une quinzaine de km au nord de la ville de Jérémie, elle a été peut être activée par le séisme du 14 août et on continue à enregistrer des secousses dans la Grand’Anse au début de l’année 2022, ce qui ferait craindre un séisme majeur sur cette faille suivi de tsunami qui seraient néfastes pour la côte nord de la presqu’île du Sud.

En conclusion, dans un intervalle de onze ans (2010-2021), Haïti a été frappée en deux fois par des séismes majeurs de magnitude 7 et 7,2, respectivement celui du 12 janvier 2010 et celui du 14 août 2021. Dans les deux cas, il y a eu des dommages énormes, des pertes en vies humaines et économiques considérables. Face à ces catastrophes récurrentes, Il est plus que temps de disposer d’un plan de réduction du risque sismique en Haïti à l’échelle nationale, car l’aléa est national, et de pratiquer de manière continue la prévention, unique moyen de réduire la vulnérabilité de la population aux effets des aléas sismiques imprédictibles. Aussi, nous lançons un appel à nos chers compatriotes pour leur demander de prendre davantage conscience de ce phénomène naturel, de « Travailler sans relâche à la sauvegarde de l’environnement de leur pays et de s’efforcer toujours de le placer sur la voie de la sécurité sismique en pensant à de meilleures constructions et en appliquant les consignes de la Protection Civile ».

12 Janvier 2010 – 12 Janvier 2022 : 12 ans après, le pays est encore plus vulnérable qu’avant ce séisme dévastateur

12 janvier 2010 – 12 janvier 2022, 12 ans après ce séisme dévastateur qui a causé la mort d’environ 220.000 personnes dont nous saluons la mémoire ici, force est de constater que notre cher pays est toujours si ce n’est davantage, autant vulnérable aux aléas qu’il ne l’était à l’époque.

Au-delà de ces pertes incommensurables en vie humaine, la perte économique de plus de 7.804 milliards de dollars US selon le Rapport d’évaluation du gouvernement, 2010, aurait dû porter les instances dirigeantes à prendre des dispositions multiples afin non seulement d’éviter que tel drame humain ne se reproduise mais aussi prévenir une autre catastrophe économique. En effet, investir dans la protection coûte 100 fois moins cher que dans la réparation.

Comme le dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Il est temps que toutes les bonnes volontés à tous les niveaux de la vie nationale se regroupent pour bâtir une Haïti résiliente, étape par étape, chacun à son niveau. Parmi les tâches à achever, on peut citer :

  1. La mise en place de politiques publiques prenant en compte les risques ;
  2. Le renforcement de la conscientisation générale de la population ;
  3. L’implication plus forte de la société civile ;
  4. L’implémentation de projets durables au bénéfice des communautés les plus vulnérables.

L’AGERCA étant la représentante du secteur privé et de la société civile dans le Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD), renouvelle son engagement pour continuer à jouer son rôle d’accompagner le SNGRD dans la construction de la résilience du pays.