AGERCA : Rôles et responsabilités au sein de la communauté haïtienne 

En termes d’historicité, l’Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activités (AGERCA) a été créée en 2007 dans le but d’encourager le secteur privé des affaires à apporter son appui au Système National de Gestion de Risques et des Désastres (SNGRD). Par conséquent, l’AGERCA devient le point focal incontournable pour le secteur des entreprises privées et la société civile au sein de ce système. Elle soutient le SNGRD en promouvant le Partenariat Public-Privé (PPP) afin de créer une grande complémentarité de partage d’expertise dans le domaine de la Gestion des Risques et des Désastres (GRD) au sein des entreprises.

A rappeler que le SNGRD est coordonné par la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) de concert avec ses différents partenaires.

Au niveau international, l’AGERCA est le point focal pour Haïti de deux grandes plateformes :

  1. Connecting Business Initiative (CBI) qui est une initiative de regroupement du secteur privé supportée par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD) et le Bureau des Nations Unis pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) ;
  2. ARISE qui est une initiative de regroupement du secteur privé supportée par le Bureau des Nations-Unies pour la Réduction des Risques et des Désastres (UNDRR).

A noter que ces deux plateformes facilitent les efforts de résilience du secteur privé dans les 5 continents et promeuvent les bonnes pratiques des institutions membres des différents réseaux à l’échelle internationale.

Quelles sont les missions de l’AGERCA ?

L’AGERCA a deux grandes missions qui sont :

  1. Encourager les entreprises et les communautés de la société civile à identifier les risques auxquels elles sont exposées et à rechercher des solutions efficaces afin d’éviter toute rupture définitive dans leur fonctionnement et leurs activités économiques et sociales ;
  2. Promouvoir les bonnes pratiques en GRD et coordonner les actions de réponse du secteur privé et de la société civile en cas de crise ou de catastrophe naturelle.

Dans le cadre de la première mission, l’AGERCA réalise des activités de prévention et de préparation à travers des séances de formation et de sensibilisation ainsi que la mise en place de certains mécanismes de gestion des risques.

Pour la deuxième, l’AGERCA réalise des ateliers virtuels et présentiels sur thématiques liées à la Gestion des Risques et des Désastres (GRD). Elle fait de la promotion des bonnes pratiques en GRD à travers ses différents canaux de communication et son système de réseautage. En plus, durant les temps de crise ou en situation d’urgence, l’AGERCA assiste les victimes d’une catastrophe au côté de la DGPC et des autres partenaires à travers la coordination des actions du secteur privé et de la société civile. 

Photo AGERCA : Des jeunes volonataires de l’AGERCA et de la Protection Civile mobilisés pour assister les victimes du séisme du 14 Aout 2021.

Quels sont les rôles et responsabilités de l’AGERCA ?

Haïti est un pays très vulnérable pour des facteurs divers notamment par sa position géographique et son caractère de pays sous-développé. L’AGERCA cherche à réduire l’impact des risques de désastre au sein des différentes communautés de la société civile et au sein des entreprises par la mise en place de certains mécanismes de gestion des risques notamment de Plans de Continuité des Activités (PCA), l’animation de séminaires et d’ateliers de formation ainsi que des forums avec des experts dans plusieurs domaines de la Gestion des Risques et des Désastres. L’ensemble de ces actions permettent aux entreprises et à la communauté en général d’approfondir leurs connaissances sur le fonctionnement du système de gestion des risques.

En temps normal, l’AGERCA :

  1. Participe à des réunions stratégiques et ateliers de planification pour mettre en place des mécanismes de gestion des risques ;
  2. Représente le secteur privé dans les Exercices de Simulation (SIMEX) organisé par les partenaires du SNGRD au niveau national ;
  3. Organise régulièrement des activités de prévention au sein des institutions membres ;
  4. Anime des sessions et ateliers de formation gratuites dans différentes communautés vulnérables ;
  5. Reste en connexion avec les acteurs du SNGRD pour faire remonter au niveau des acteurs du secteur privé et au grand public en général les informations diverses relatives à la GRD ainsi que la météo ;
  6. Mobilise des moyens pour renforcer les actions du SNGRD ;
  7. Entre autres.

En temps de crise, l’AGERCA :

  1. Mobilise ses ressources en permanence dans la salle de gestion de crise du Centre d’Operations d’Urgence National (COUN) ;
  2. Fait remonter les informations cruciales au secteur privé et à la société civile incluant la Diaspora haïtienne ;
  3. Participe aux réunions de débriefing quotidiennes de la Diaspora haïtienne avec la DGPC ;
  4. Partage la liste des besoins aux différents acteurs ;
  5. Partage avec les acteurs humanitaires internationaux, la diaspora et toutes les organisations qui interviennent dans la gestion et la réponse la liste des fournisseurs préférentiels pour l’achat local des besoins pour la réponse ;
  6. Coordonne les actions humanitaires du secteur privé, de la société civile et de la Diaspora haïtienne ;
  7. Assiste à la logistique au niveau du COUN et sur le terrain ;
  8. Supporte les besoins en communication :
  9. Des différents Centres d’Opération d’Urgence (COU) – Internet, sms blast pour les communautés à risque et celles affectées…
  10. De tous les membres actifs des Centres d’Opération d’Urgence – Lignes téléphoniques ouvertes avec un accès illimité à l’internet, les appels, les messages textes…
  11. Entre autres.

Rejoignez notre communauté

L’AGERCA compte actuellement une trentaine de membres composés de plusieurs types d’institution évoluant au sein de la communauté haïtienne. En termes de votre contribution sociale, l’AGERCA invite toutes les institutions du secteur privé et de la société civile à rejoindre sa communauté dans la poursuite de ses différentes missions.  

DANJE YO POU NOU TOUT !

Les Forums de l’AGERCA dans le cadre du programme CRR2022

Prenant compte de la vulnérabilité de notre pays en cas de catastrophe, l’Alliance pour la gestion des risques et la continuité des Activités (AGERCA) a mis en place une série d’activités dans le cadre d’un programme nommé CRR2022 (Campagne de Renforcement de la Résilience 2022) de concert avec ses partenaires. Au cours de ces differentes activités, les experts ont transmis des informations importantes pouvant servir à la construction de la résilience des institutions du secteur privé et de la société civile.  Cependant, certaines de ces informations sont parfois négligées par des décideurs stratégiques au sein de ces institutions. 

L’AGERCA étant la représentante du secteur privé et de la société civile dans le Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD), a déjà réalisé plusieurs forums et continue de planifier d’autres séances. Chaque module de ces forums a touché toute la chaine de gestion des risques en ajoutant des exercices applicables à tous les types d’institutions. Ces forums sont donc utilisés comme des sessions de formation, débat, instruction préventive et déclaration sur les dangers.

Dans ce contexte, les forums ont été ouverts au grand public pour savoir plus sur la gestion des risques et des désastres afin d’améliorer son comportement face aux différentes menaces auxquelles toute la communauté haïtienne est exposée. La participation des bénéficiaires aux forums est une opportunité pour mieux identifier les enjeux de ces phénomènes et les bonnes réactions à adopter. Il faut savoir que certains de ces phénomènes sont incontournables et affectent tous les secteurs au niveau mondial notamment les menaces naturelles. Donc, le renforcement de la résilience aux catastrophes est essentiel pour réduire les effets négatifs de ses impacts au sein de toutes les institutions.

Les forums sectoriels et formations déjà réalisés :

Les thématiques élaborées dans le cadre de ces forums sont les suivantes :

  • Secteurs de la banque et de l’assurance, analyse et perspective en matière de GRD
  • Secteurs de l’éducation et des télécommunications, analyse et perspectives en GRD
  • Secteurs industriels, analyse et perspectives en GRD
  • Secteurs divers, analyse et perspectives en GRD

Au cours de ces forums, nous avons eu la participation de plus de 200 personnes représentant des institutions diverses au niveau du secteur privé et de la société civile.

En plus des forums réalisés en mars dernier, l’AGERCA a poursuivi les activités de cette campagne avec des sessions de formation virtuelles et présentielles sur différents thèmes de la Gestion des Risques et de Désastres (GRD) afin de renforcer la résilience des institutions haïtiennes.

En termes de résultats, plus d’une centaine d’institutions du secteur privé et de la société civile ont bénéficié de ces formations gratuites présentées par les formateurs certifiés de l’AGERCA en plus des autres activités. Les thématiques élaborées dans ces séances de formation sont les suivantes :

  • Séance de formation pour les aléas naturels et anthropiques ;
  • Séance sur le Plan d’Urgence Familial (PUF) ;
  • Plan de Continuité des Activités (PCA) ;
  • Exercice de simulation de table (SIMEX de Table) ;
  • Visite de sûreté et sécurité ;
  • Plan d’évacuation pour les entreprises ;
  • Entre autres.

 Prochain forum sur la préparation de la saison cyclonique 2022 entre le secteur privé et la protection civile

Notre prochaine session virtuelle aura lieu le mardi 14 juin de 9h00 à 11h00 sur la plateforme Zoom sur le thème suivant : ” La Protection Civile et le Secteur Privé, deux acteurs clés pour mieux préparer la saison cyclonique en Haïti “. Cette session sera animée par Dr Jerry Chandler, Directeur Général de la protection civile.

C’est une bonne occasion de resserrer les liens qui existent déjà entre le secteur privé et la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) coordonnant les actions du Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD). Cette session permettra aussi de mettre en avant les différents projets pour préparer et mieux gérer tous les éventuels phénomènes météorologiques au cours de la saison cyclonique 2022.

Déjà, nous souhaitons une bonne participation à tout le monde !

Haiti – Saison cyclonique 2022, préparons nous d’avantage !

Le grand événement météorologique annuel est arrivé. Nous sommes dans la saison cyclonique 2022, ou saison des ouragans de l’Atlantique, qui commence ce 1er juin et se termine le 30 novembre dans l’océan Atlantique, le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. C’est une période de préparation et de progression en matière de résilience aux catastrophes dans nos communautés. Ce travail se veut une collaboration entre les entités étatiques représentées dans le Système National de la Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD) par la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et l’AGERCA représentant le secteur privé et la société civile.

Les prévisions des experts annoncent une saison cyclonique supérieure à la moyenne dans l’Atlantique, similaire à l’année précédente, avec un cumul de 14 à 21 phénomènes cycloniques, de 6 à 10 ouragans, dont 3 à 6 sont de portée majeure.

L’AGERCA tient à vous rappeler qu’il est extrêmement important de rester vigilant tout en respectant les instructions des autorités en cas d’alerte cyclonique. Il est important de surveiller et de vérifier les fausses informations propices à des risques de panique.

Les noms des cyclones de la saison 2022 dans la zone Atlantique sont les suivants : Alex, Bonnie, Colin, Danielle, Earl, Fiona, Gaston, Hermine, Ian, Julia, Karl, Lisa, Martin, Nicole, Owen, Paula, Richard, Shary, Tobias, Virginia et Walter. Une fois encore cette année, le secteur privé renouvelle son engagement à travers l’AGERCA en apportant son soutien en cas d’urgence à la population.

Afin d’éviter trop de dégâts pour cette saison cyclonique, nous devons impérativement respecter les consignes de sécurité et les partager avec nos proches. Tenant compte de cela, l’AGERCA demande à chaque communauté du pays d’agir ensemble pour préserver des vies et des biens !

Business networks & partners come together to improve disaster resilience

Geneva, 16 May 2022 – Private sector representatives from 14 countries have come together at the eighth Humanitarian Networks and Partnerships Weeks (HNPW) to share experiences and best practices about the role of local businesses in preparing for, responding to and recovering from disasters. Almost two dozen business leaders, members of the OCHA / UNDP Connecting Business initiative (CBi), met in-person for the first time in two years at the annual humanitarian conference hosted by the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA) and the Swiss Agency for Development and Cooperation, at the International Conference Centre Geneva (CICG).

The fight against the climate crisis and localization of humanitarian response, both among HNPW’s nine areas of common concern, were identified by CBi partners and Member Networks as key issues where local businesses can help make a difference in people’s lives.

Humanitarian action is all about bringing people together. When a disaster strikes, first responders are the local communities, the local businesses. For OCHA, the private sector is one of our most important partners to collectively respond better and quicker, said Edem Wosornu, Chief of OCHA’s Response Support Branch.

At CBi’s public event on localization, “Act local, think global: humanitarian action and the private sector”, representatives from the United States Agency for International Development (USAID), the Alliance for Risk Management and Business Continuity (AGERCA, Haiti), the Asia Pacific Alliance for Disaster Management Sri Lanka (A-PAD SL), and the Philippine Disaster Resilience Foundation (PDRF), insisted on the need to channel more humanitarian funding toward local businesses.

COVID-19 has brought a renewed sense of urgency in the need to support local and national actors. When countries went into lockdown, in many cases there were only local actors to deliver assistance,” explained Marcos Neto, the Director of UNDP’s Sustainable Finance Hub. But local businesses need support, they need to be involved in decision-making processes of humanitarian response, and they have the means to deliver assistance in accordance with humanitarian principles.

CBi also hosted a public session on the climate crisis, “Feeling the Heat, how local businesses respond to the climate emergency”, highlighting examples of climate action from the Fiji Business Disaster Resilience Council (FBDRC) the Turkish Enterprise and Business Confederation (TÜRKONFED), The Madagascar Private Sector Humanitarian Platform (PSHP), and UNICEF.

Jemilah Mahmood from the Sunway Centre for Planetary Health urged local businesses to get involved in the protection of planetary health: Trust is key. Businesses are most trusted and have the capacity to nudge political will. With that trust, come responsibility and power.

Discussions are still ongoing at HNPW, with over 6,000 participants ranging from United Nations agencies to non-governmental organizations (NGOs), academia and the private sector working on key topics in today’s humanitarian field and how better to partner to address them. 

CBi will hold a final online public session on Wednesday 18 May, “Acting before crises hit: anticipatory action and the private sector”, in partnership with the International Federation for the Red Cross (IFRC) and the Anticipation Hub, focusing on the role of how businesses can support the ongoing shift to more effective, efficient, and dignified humanitarian response through anticipatory action.

The CBi Member Networks and business leaders represented at HNPW included: Plateforme Humanitaire du Secteur Privé de Côte d’Ivoire (PHSP Côte d’Ivoire), Fiji Business Disaster Resilience Council (FBDRC), Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activités (AGERCA, Haiti), The Indonesian Chamber of Commerce and Industry (KADIN), Madagascar Private Sector Humanitarian Platform (PSHP), Centro Nacional de Apoyo para Contingencias Epidemiologicas y Desastres (CENACED, Mexico), The Philippine Disaster Resilience Foundation (PDRF), Asia-Pacific Alliance for Disaster Management Sri Lanka (A-PAD SL), The Turkish Enterprise and Business Confederation (TÜRKONFED), The Viet Nam Chamber of Commerce and Industry (VCCI). Prospective networks were also represented, including Consejo Hondureño de la Empresa Privada (COHEP, Honduras), the Kenya Private Sector Alliance (KEPSA), the Pacific Islands Forum Secretariat (PIFS) and Hombro a Hombro (Peru).

A joint initiative of the United Nations Development Programme (UNDP) and United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA), CBi supports private sector engagement before, during and after disasters. Since CBi’s launch in 2016, its Member Networks have responded to more than 100 crises and assisted around 18 million people. Read more in the 2021 CBi Annual Report.

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 30 Avril 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 30 avril 2022 est marquée par la survenue de 108 séismes de magnitudes comprises entre 1.3 et 5.3 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de mars 2022 durant lequel 179 séismes ont été observés, le mois d’avril a donc enregistré 71 séismes de moins, soit une diminution de 39.67% environ.

Parmi les séismes notés, 3 ont été ressentis par la population; ces derniers, de magnitude allant de 4 à 5.3, ont leur épicentre localisé dans le département de la Grand’Anse. 78.7%, soit 85 des séismes notés ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 69.44%, soit 75, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). 77, soit 71.3%, sont survenus en mer avec 1 le long de la faille Nord Hispaniola, 4 le long de la faille septentrionale, 3 le long de la faille Enriquillo Plantain Garden et 69 le long du système Nord Grand’Anse – Nippes; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si les conditions avaient été réunies.

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois d’avril 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 90.74% de ces séismes, soit 98 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 8 dans le Sud, 15 dans les Nippes et 75 dans la Grand’Anse. Durant le mois d’avril 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 30 avril 2022.

Du 14 août 2021 au 30 avril 2022 (8 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 916 séismes, la Grand’Anse en a connu 763 et le Sud 312, soit un total de 1991 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 28 Février 2022

Le bilan sismique du mois de février 2022, basé sur les événements enregistrés par les réseaux sismologiques nationaux et régionaux (Ayiti-séismes, UTS-BME, RD-OSPL-Loyola), se présente comme suit : 137 séismes de magnitude comprise entre 1,3 et 4,9 ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire national au cours du mois de février 2022. Ils sont qualifiés de très mineurs à légers. Quatre (4) d’entre eux ont eu des magnitudes comprises entre 4,0 et 4,9 dont 1 dans le Nord-ouest et 3 dans la Grand’Anse ;

Par rapport au mois de janvier 2022 durant lequel 311 séismes ont été observés, le mois de février a enregistré 174 séismes de moins, soit une diminution de 127 % environ. Cette baisse est due d’abord aux diminutions avec le temps des répliques du séisme du 14 août 2021 (choc principal de magnitude 7,2) près de l’Asile dans les Nippes et ensuite aux diminutions graduelles des nouvelles répliques du séisme du 24 janvier 2022 (choc principal de magnitude 5,5) près d’Anse-à-Veau, toujours dans les Nippes ;

Entre le 1er et le 28 février 2022, les trois départements les plus secoués sont toujours ceux qui ont été les plus touchés par le séisme majeur du 14 août 2021, à savoir :

  • les Nippes avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • la Grand’Anse avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • le Sud avec 31 séismes sur 137, soit 22,6 % ;

soit un total de 119 séismes sur 137 pour les trois départements sur dix, ce qui représente 86,8 % des séismes enregistrés pour le mois de février.

La profondeur des séismes survenus au cours du mois de février se situe entre 0 et 84 km. On peut alors les qualifier de séismes superficiels.

Du 14 août 2021 au 28 février 2022 (6 mois 18 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent de subir les conséquences de ce séisme majeur. En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 884 séismes, la Grand’Anse en a connu 548 avec un fort pourcentage situé en mer au nord de Jérémie et le Sud 290, soit un total de 1722 séismes. Il faudrait néanmoins faire la distinction entre les répliques du 14 août 2021 et celles du 24 janvier 2022, ainsi que les nouveaux séismes enregistrés dans la Grand’Anse.

Haïti, pays à haut risque sismique : Est-il possible de prévoir des séismes dans une date précise ?

Généralement, un message alarmant, qu’il soit vrai ou faux, circule très rapidement sur les réseaux sociaux notamment via WhatsApp et crée ainsi la panique au sein de la population profane.

Sur les réseaux sociaux, toute forme d’information circule. Certaines d’entre elles sont vraies mais d’autres fausses. Parmi les fausses informations, nous rencontrons souvent des messages qui précisent, la date, l’heure, et le lieu où il va avoir un séisme.

En Haïti, très souvent on entend dire que bientôt, un séisme touchera encore le pays mais que celui-là sera plus dévastateur que celui du 12 janvier 2010… Du coup, on se demande si c’est possible de prévoir des séismes !

NON, NON, absolument NON !  On ne peut pas prévoir les séismes !

Jusqu’à présent, les chercheurs ne trouvent pas encore la formule ou les outils nécessaires pouvant servir à prévoir les séismes dans un temps et dans un lieu bien précis. Selon l’Ingénieur Géologue Claude Prépetit, on peut faire une prévision à long terme, c’est-à-dire, dans quelle période un séisme peut frapper une région quelconque qui dispose d’une activité sismique.

Par exemple, en Haïti notamment dans le département du Nord, un séisme d’une forte magnitude peut se produire à n’importe quel moment selon les prévisions géologiques. C’est le même cas de figure pour la Californie aux Etats Unis d’Amérique, qui attend un séisme de grande magnitude que les américains appellent « the big one ».

Une prévision efficace des séismes comprend 4 éléments : La date, l’heure, le lieu et la magnitude de ce séisme. 

Mise au point sur la sismicité d’Haïti

Haïti est un pays qui détient une activité sismique très active avec deux grandes failles et d’autres petites failles. On a la faille septentrionale qui traverse le grand Nord et la faille de la presqu’île du Sud qui traverse le grand Sud.

En plus de notre sismicité active, ce pays est très vulnérable par rapport à cette menace parce qu’on multiplie de jour en jour nos constructions anarchiques notamment en milieu urbain, ce qui risque de produire une catastrophe à n’importe quel moment. Pour le bien-être de votre santé, restez vigilant par rapport aux fausses informations pour éviter de paniquer. L’AGERCA profite de cette occasion pour vous inviter à rester connecté avec les sources officielles comme la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et le Bureau des Mines et de l’Energie (BME) pour des informations liées à la sismicité du pays. Suivez aussi l’AGERCA qui divulgue ces informations officielles sur toutes ses pages sur les réseaux sociaux et sur son site internet.

Rapport de situation #1 – Inondations dans les départements des Nippes, du Nord et Nord-Est

Faits saillants de la situation

  • Le front froid qui s’étend de l’Atlantique Nord au Nicaragua en traversant l’île d’Haïti a provoqué le 30 et 31 janvier des précipitations importantes dans plusieurs départements du pays, notamment le Nord, le Nord-Est et les Nippes ;
  • Au moins 20 communes des départements du Nord, du Nord-Est et des Nippes ont été affectées par des inondations provoquées par les eaux de ruissellement et les crues de certaines rivières ;
  • Le bilan provisoire au 31 janvier fait état de 2 578 maisons inondées et 3 détruites, laissant près de 2 500 familles dans le besoin d’abris provisoires (familles sinistrées) ;
  • Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée ;
  • Le pont qui relie la commune de Ferrier et la route Nationale #6 a été endommagé.

Mise en contexte de l’événement

Selon les prévisions hydrométéorologiques, des averses orageuses modérées à fortes étaient attendues dans certaines régions du pays, notamment dans les départements du Nord, du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Sud, des Nippes et de la Grand’Anse, entraînant des risques d’inondations et de crues soudaines.

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 2022, au moins 20 communes des départements du Nord, du Nord-Est et des Nippes ont enregistré des inondations causées par les eaux de ruissellement et les crues de certaines rivières. A ce jour, les collectivités locales ont signalé des maisons inondées, notamment dans les départements des Nippes et du Nord.

Les pluies qui ont continué à tomber dans ces départements au cours de la journée du 31 janvier ont rendu difficile l’évaluation de l’impact et des dégâts dans plusieurs des communes affectées.

Bilan provisoire au 31 janvier

La ville de Cap-Haitien dans le département du Nord a été particulièrement touchée. De nombreux quartiers ont été envahis par les eaux, (Centre-ville, Bel-Air, Haut du Cap, ZoVincent, BasVertières, Carénage, Vertières, Charrier, Petite Anse, Bas Champin, Cité Chauvel, cité Champin, Cité du Peuple, Blue-Hills, Baudin, Conassa, Fourgerolles, Rue zero, Fatima, Basiko).

Les conditions de déplacement n’ont pour le moment pas encore permis d’établir un bilan des dégâts. Dans les Nippes, certains quartiers des communes d’Anse-à-Veau et de Baradères se sont également retrouvés sous les eaux où quelques 310 habitations ont été inondées. Dans le Nord, le complexe industriel de Caracol a subi de nombreux dégâts, notamment la centrale électrique

Actions entreprises

  • Activation des Centres d’opération d’urgence départementale (COUD) du Nord, Nord-Est et des Nippes ;
  • Réunions de coordination, déploiement des premières équipes pour les évaluations rapides de l’impact et des besoins urgents par les volontaires de la DGPC, la Direction de la réponse aux urgences (DRU) de la DINEPA ainsi que les partenaires ;
  • Mobilisation d’articles de réponse d’urgence par la DGPC au niveau national ;
  • Messages au grand public sur la situation météorologique et des risques ;
  • Intervention d’urgence sur le pont pour rétablir l’accès à la commune de Ferrier.

Recommandations

  • Poursuite des évaluations de l’impact sur les habitations, les infrastructures ainsi que dans le secteur de l’agriculture fortement affecté par les inondations ;
  • Déploiement d’équipes d’assainissement dans les communes fortement touchées ;
  • Curage des drains, particulièrement dans les communes de Ouanaminthe, Trou du Nord, Terrier Rouge, Fort-Liberté et Ferrier ;
  • Distributions d’urgence de nourriture, de kits d’hygiène et kits de nettoyage des maisons pour les familles sinistrées.

12 Janvier 2010 – 12 Janvier 2022 : 12 ans après, le pays est encore plus vulnérable qu’avant ce séisme dévastateur

12 janvier 2010 – 12 janvier 2022, 12 ans après ce séisme dévastateur qui a causé la mort d’environ 220.000 personnes dont nous saluons la mémoire ici, force est de constater que notre cher pays est toujours si ce n’est davantage, autant vulnérable aux aléas qu’il ne l’était à l’époque.

Au-delà de ces pertes incommensurables en vie humaine, la perte économique de plus de 7.804 milliards de dollars US selon le Rapport d’évaluation du gouvernement, 2010, aurait dû porter les instances dirigeantes à prendre des dispositions multiples afin non seulement d’éviter que tel drame humain ne se reproduise mais aussi prévenir une autre catastrophe économique. En effet, investir dans la protection coûte 100 fois moins cher que dans la réparation.

Comme le dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Il est temps que toutes les bonnes volontés à tous les niveaux de la vie nationale se regroupent pour bâtir une Haïti résiliente, étape par étape, chacun à son niveau. Parmi les tâches à achever, on peut citer :

  1. La mise en place de politiques publiques prenant en compte les risques ;
  2. Le renforcement de la conscientisation générale de la population ;
  3. L’implication plus forte de la société civile ;
  4. L’implémentation de projets durables au bénéfice des communautés les plus vulnérables.

L’AGERCA étant la représentante du secteur privé et de la société civile dans le Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD), renouvelle son engagement pour continuer à jouer son rôle d’accompagner le SNGRD dans la construction de la résilience du pays.

AGERCA – Note de presse : Remerciement aux institutions qui ont contribué dans la réponse du séisme 14 août

Après une année 2021 remplie de difficultés de toutes sortes, nous voici déjà en 2022, à la veille de l’anniversaire de cette tragédie qui a marqué à jamais le pays et dont les stigmates sont toujours visibles. L’Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activités (AGERCA), représentante du secteur privé et de la société civile renouvelle son engagement auprès de la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) pour collaborer dans le cadre de la Gestion des Risques de Désastre en Haïti.

Malheureusement comme cela devient une triste habitude, 2021 a apporté son lot de catastrophes naturelles et autres qui ont laissé des traces indélébiles avec un goût amer dans la bouche de toute la population haïtienne, en particulier avec le séisme du 14 Août dans la péninsule du grand Sud du pays puis l’incendie terrible du Cap-Haitien dans la nuit du 13 au 14 décembre 2021 parmi tant d’autres tragédies et cette insécurité galopante qui ne fait qu’ajouter à l’instabilité politique et vice versa.  

Nous avons déjà raté beaucoup d’occasions de relancer l’économie de ce pays, condition sine qua none pour nous préparer à faire face aux grands défis. Alors nous devons faire que cette année 2022 nous permette enfin d’entrevoir la sortie du tunnel et préparer un avenir meilleur pour nos enfants. Les menaces naturelles font partie de notre vie, nous devons nous préparer à y faire face et être en mesure de les gérer au mieux afin d’en minimiser les effets.

Par la présente, l’AGERCA adresse un sincère remerciement aux institutions suivantes :  BRANA, Culligan, AIC, DIGICEL, AHF, Papyrus, Matpar, Reinbold Import Export, TVB, HERO, Bandari, les groupes Canez et REBO, Shippex, One Diaspora, Casami, EKO Dépôt, Ibo Kinkay, Codevi, Enmarcolda, Val d’Or, Cemex, Farmatrix, Séjourné, Quality Sewing, Industrie San Miguel Haïti, les stations de média partenaires, les chambres de commerce et associations patronales ainsi que toutes les autres institutions pour leurs contributions incommensurables dans le cadre de la réponse suite au séisme du 14 août dernier sans oublier bien sur la DGPC, partenaire essentiel. Tous les supports, en nature et en espèce, ont été reçus avec un sentiment de gratitude car ils ont apporté joie et espérance aux victimes.

De manière particulière, l’AGERCA envoie un remerciement spécial à tous les membres du secteur privé des affaires, de la société civile mais encore une fois à la DGPC pour leurs contributions et assistance à chaque situation de crise que nous connaissons en Haïti.

Pour cette nouvelle année, l’AGERCA partage avec vous ses vœux de bonheur, de paix, d’amour et de sérénité afin de passer une excellente année en toute sûreté et sécurité par rapport aux différentes menaces auxquelles le pays est exposé.

Danje a pou nou tout !