Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 28 février 2021

La République d’Haïti est exposée à un aléa sismique majeur résultant de la présence de failles actives dont la faille Septentrionale (SF) et la faille Enriquillo Plantain Garden (EPGF), deux structures de direction plus ou moins E-W qui parcourent respectivement le nord et le sud du territoire. Cet aléa sismique, associé au niveau élevé de vulnérabilité de la population, donne lieu à un haut risque sismique capable de provoquer des catastrophes telles que celle liée au séisme du 12 janvier 2010. Des séismes majeurs (par exemple ceux de 1751, 1770, 1842) provoquant des pertes énormes ont eu lieu par le passé en Haïti et continueront de se produire. Pour preuve, 8 ans après le 12 janvier 2010, soit le 6 octobre 2018, un séisme de magnitude seulement 5,9 (environ 35 fois moins fort qu’un séisme de magnitude 7) fut à l’origine de dégâts significatifs dans le nord-ouest du pays.

L’Unité Technique de Sismologie (UTS) du Bureau des Mines et de l’Energie (BME) rappelle donc à toute la population en général que les séismes ne sont pas prévisibles et peuvent survenir à tout moment en Haïti. Les actions de prévention du risque demeurent en vigueur : respect des réglementations parasismiques, aménagement intérieur des lieux de vie, apprentissage du comportement à tenir avant, pendant et après un séisme.

L’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 28 février 2021 est marquée par la survenue de 54 séismes de magnitudes comprises entre 1,3 et 4,5, selon les observations faites à partir des réseaux locaux et régionaux. (voir figure 1a ci-dessous).

Ces séismes, de magnitudes faibles à modérées peuvent être classés comme suit :

  • Quatre (4) ont été ressentis par la population; l’épicentre de ces séismes a été localisé dans le département des Nippes, au nord d’Anse-à-Veau. Vingt neuf (29), soit 53,70%, sont survenus en mer, ce qui laisse supposer un risque de tsunami si les conditions avaient été réunies ;
  • Le nombre de séismes observés pour le mois de février 2021 a donc augmenté de 35,19 % par rapport au mois de janvier 2021 au cours duquel 35 événements sismiques ont été enregistrés. 27,78%, soit 15 de ces séismes ont une magnitude comprise entre 3 et 4,5 ;
  • 75,93%, soit 41, des séismes notés ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b) ;
  • Les départements les plus sollicités sont les Nippes et l’Ouest, avec respectivement 12 et 11 séismes pour un pourcentage respectif de 22,22% et 20,37% (Voir tableau 1 ci-dessous). Il faut toutefois noter une activité sismique significative dans le Nord et le Nord-Ouest qui accusent 16,67% de la totalité des événements enregistrés, soit 9 séismes.

Pour savoir les bons réflexes en cas de tremblement de terre, cliquez ici.

Le rôle de la mairie dans la Gestion des Risques de Désastre (GRD) pour construire des communautés résilientes en Haiti

Dans l’organigramme du Système National de Gestion des Risques de Désastre (SNGRD), les mairies sont considérées comme les responsables de la protection civile au niveau de la commune. Au sein de certaines communes du pays, il existe une structure qui s’appelle Comité Communal de Protection Civile (CCPC). Ce comité est composé des maires et de représentants d’institutions déconcentrées et des citoyens bénévoles. Ils sont les premiers à intervenir au niveau de la commune, avec l’appui des brigadiers volontaires, dans la prévention et la Gestion des Risques de Désastre en raison de leur proximité avec la population. Pour aller plus loin, il existe au niveau des sections communales des Comités Locaux de Protection Civile (CLPC) gérés par les représentants et représentantes de la localité.

Dans le cadre de la Gestion des Risques de Désastre (GRD), les mairies ont un rôle crucial depuis la phase de prévention, jusqu’aux phases de réponse et rétablissement. Parmi ces rôles, on trouve ceux de :

Prévenir et préparer contre toutes sortes de menaces

Pour éviter une situation de catastrophe dans une commune, il faut travailler en amont pour prévenir et se préparer contre toutes les sortes de menaces, avec la mise en place de tous les dispositifs nécessaires pour assurer la protection de la population au niveau de la commune.

En termes de prévention contre les risques, notamment contre le risque sismique, lors des constructions, la mairie détient la responsabilité de délivrer un permis de construction et elle doit aussi s’assurer que la construction est conforme aux normes de construction et que le terrain n’est pas localisé dans une zone à risque. La délivrance du permis de construction permettrait à la mairie d’avoir le contrôle des bâtiments construits pour éviter toutes sortes de construction anarchique qui écroulerait suite à une petite secousse sismique de magnitude 5 ou 6 sur l’échelle de Richter. Cette intervention en amont pourrait avoir un impact considérable dans la réduction des dégâts causés par les séismes au niveau des communes.

Les données de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) révèlent qu’en 2015, le nombre de ménages pour la ville de Port-au-Prince était de 210 782, soit plus d’un million de personnes. De 2015 à 2019, les chantiers se sont multipliés. La mairie au niveau de cette commune ne dispose d’aucun chiffre sur les nouvelles maisons construites ou sur la quantité de permis délivrés durant ces quatre années. Ce manque de contrôle dans les constructions augmente le niveau de vulnérabilité de la ville face aux risques de désastre.

Pour le risque d’incendie dans une commune, la mairie doit disposer au moins d’un corps de pompiers digne de son nom pour intervenir en cas d’incendie. En Haïti, on peut compter sur les doigts le nombre de commune qui dispose d’un corps de pompiers.

Informer et sensibiliser les populations contre les menaces

Rendre accessible les informations sur les menaces auxquelles une commune est exposée, fait partie du rôle d’une mairie. De ce fait, la mise en place de l’outil DICRIM (Dossier d’Information Communal sur les Risques Naturels Majeurs) revêt une importance capitale. Le DICRIM a pour but d’informer la population sur les risques existants au niveau de la commune et les moyens de s’en protéger pour éviter d’être victime.

Assister et rétablir les populations touchées par une menace

Comme susmentionné, les responsables communaux sont les premiers à intervenir pour assister une population affectée par une menace car la premiere réponse est d’abord locale. Dans le cas où la situation dépasse les capacités des responsables communaux, ils peuvent demander de l’aide au niveau départemental et même au niveau central mais la coordination communale de l’assistance humanitaire doit être assurée par les responsables communaux.

En conclusion, le niveau de la vulnérabilité de la population de toutes les communes en Haïti se dégrade de jour en jour. Si les responsables communaux jouaient leur rôle de manière efficace et efficiente avec le moyen dont ils disposent, le pays pourrait être plus résilient face aux risques de catastrophe.

L’importance d’avoir un plan d’évacuation au sein d’une institution pour renforcer la sureté et la sécurité

Un plan d’évacuation est un outil qui sert à faciliter une évacuation sûre et sécuritaire en cas d’urgence au sein d’un bâtiment d’une institution. Si ce bâtiment accueille régulièrement une quantité importante de personnes chaque jour, comme les hôtels, une institution publique, une banque, un appartement, pour ne citer que ceux-là, il est encore plus nécessaire de mettre en place un plan d’évacuation.
En Haïti, on peut compter sur nos doigts le nombre d’institution qui dispose d’un plan d’évacuation. Alors étant un pays très vulnérable, ceci devrait être un plan indispensable à la sureté et la sécurité des personnes qui fréquentent cette institution.

Un Plan d’évacuation sert à plusieurs risques

Un plan d’évacuation sert à plusieurs risques et il doit être visible, sinon, il ne sert à rien. Le risque le plus évident à quoi sert un plan d’évacuation est le risque d’incendie mais il peut aussi servir pour le risque sismique ou une fuite de gaz pour faciliter une bonne évacuation sans bousculade. Comme le plan d’évacuation sert aussi à identifier où se trouvent les équipements de secours, on peut intégrer aussi la position de l’installation d’un défibrillateur en cas de crise cardiaque au sein de l’institution.

Un plan d’évacuation crée une confiance de sureté et de sécurité

Lorsque vous rentrez dans un bâtiment et vous voyez un plan d’évacuation affiché à l’entrée, ceci vous donne un sentiment de sureté et de sécurité à l’intérieur de ce bâtiment. A l’aide de ce plan vous aurez la possibilité de repérer les différentes sorties et les moyens de secours en cas d’urgence. Vous travaillez dans un bâtiment qui dispose d’un plan d’évacuation et ce dernier est testé régulièrement par des exercices de simulation (SIMEX). Vous allez vous sentir en sureté et sécurité lors de vos journées de travail.

L’urgence n’alerte pas, préparez-vous

Une urgence ne donne pas une alerte pour signaler son arrivée, elle peut faire son apparition à n’importe quelle heure et même lors du moment le plus calme. C’est pour cette raison que vous devez vous préparer davantage afin d’éviter les réactions inappropriées en cas d’urgence. La mise en place d’un plan d’évacuation au sein de toute institution est une étape de préparation nécessaire dans la construction de sa résilience. Alors il est temps de planifier la mise en place d’un plan d’évacuation au sein de votre institution.

Haïti représentée par l’AGERCA dans une formation sur le Plan de Continuité des Activités en Martinique

Dans le cadre d’un projet d’appui à l’intégration régionale caribéenne sur le phénomène du changement climatique, une séance de formation s’est tenue en Martinique sur le Plan de Continuité des Activités avec des experts du bureau des nations pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR ci-devant UNISDR). Ce projet regroupe 5 pays de la caraïbe : Haïti, Martinique, Saint-Lucia, Dominique et Guadeloupe et il est financé par le gouvernement Français à hauteur de 200.000 Euros. Haïti a été représentée par l’AGERCA, qui est une association du secteur privé Haïtien et de la Société Civile. Elle travaille avec ces deux entités dans le secteur de la Gestion des Risques et des Désastres (GRD) pour leur permettre d’être plus résilientes face aux risques auxquels Haïti est exposée.

Cette formation de formateurs (trices) sur le Plan de Continuité des Activités a été réalisée du 24 au 25 Avril dernier au local de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique (CCIM) dans le but de permettre aux représentants et représentantes des pays de dupliquer cette formation avec les entreprises et les plateformes d’entreprises. Ce qui va permettre aux entreprises d’être plus résilientes face aux risques de changement climatique et géologique ainsi que les risques anthropiques. En 2018, les pertes économiques enregistrées par les catastrophes naturelles et anthropiques s’élèvent à environ 115 Milliards de dollars. De plus en plus les entreprises veulent investir dans la construction de leur résilience car un dollar investit dans la résilience est égal à 105 dollars économisés dans la reconstruction.

Lors du déroulement de cette formation, les formateurs ont partagé des informations sur les différentes stratégies que peuvent utiliser une entreprise pour mettre en place un Plan de Continuité des Activités qui va renforcer sa résilience et aussi à identifier des opportunités lors des situations de catastrophe. Les participants ont aussi partagé leur bonne pratique et leur expérience.
De notre côté, l’AGERCA se donne pour objectif de faire une promotion de grande envergure du Plan de Continuité des Activités en Haïti. Nous allons travailler avec les associations d’entreprise de tous les secteurs et nous allons même travailler avec le secteur public parce que ce n’est pas seulement le secteur privé qui doit avoir un plan pour continuer ses activités, le secteur public aussi doit en avoir.