Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 30 Avril 2022

Selon les observations faites à partir des réseaux locaux (Ayiti-seismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine), l’activité sismique en Haïti pour la période allant du 1er au 30 avril 2022 est marquée par la survenue de 108 séismes de magnitudes comprises entre 1.3 et 5.3 (voir figure 1 ci-dessous). Par rapport au mois de mars 2022 durant lequel 179 séismes ont été observés, le mois d’avril a donc enregistré 71 séismes de moins, soit une diminution de 39.67% environ.

Parmi les séismes notés, 3 ont été ressentis par la population; ces derniers, de magnitude allant de 4 à 5.3, ont leur épicentre localisé dans le département de la Grand’Anse. 78.7%, soit 85 des séismes notés ont une magnitude inférieure ou égale à 3 (Figure 1a) et 69.44%, soit 75, ont une profondeur inférieure ou égale à 10 km (Figure 1b). 77, soit 71.3%, sont survenus en mer avec 1 le long de la faille Nord Hispaniola, 4 le long de la faille septentrionale, 3 le long de la faille Enriquillo Plantain Garden et 69 le long du système Nord Grand’Anse – Nippes; ce qui laisse supposer un risque de tsunami si les conditions avaient été réunies.

Figure 1. Cartes des épicentres des séismes enregistrés au cours du mois d’avril 2022. a) Le diamètre est proportionnel à la magnitude; b) La taille des cercles fournit une indication de la profondeur de ces séismes. Les traits rouges correspondent au tracé de failles majeures connues. FNH = Faille Nord Hispaniola; FS = Faille septentrionale; FEPG = Faille Enriquillo Plantain Garden; FM = Faille des Matheux.

Tel qu’indiqué dans la figure 2 ci-dessous, 90.74% de ces séismes, soit 98 ont été localisés dans les 3 départements affectés par le séisme du 14 août 2021, avec 8 dans le Sud, 15 dans les Nippes et 75 dans la Grand’Anse. Durant le mois d’avril 2022, le département de la Grand’Anse a donc été le plus secoué.

Figure 2. Courbes évolutives des séismes enregistrés dans les Nippes, la Grand’Anse et le Sud du 14 août 2021 au 30 avril 2022.

Du 14 août 2021 au 30 avril 2022 (8 mois 16 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent donc de subir les conséquences de ce séisme majeur (Figure 2). En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 916 séismes, la Grand’Anse en a connu 763 et le Sud 312, soit un total de 1991 séismes. Il faut toutefois noter qu’un fort pourcentage des séismes enregistrés dans la Grand’Anse ont leur épicentre localisé en mer au nord de Jérémie, le long de la zone de faille Nord – Grand’Anse – Nippes (Figure 1).

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin sismique pour la période allant du 1er au 28 Février 2022

Le bilan sismique du mois de février 2022, basé sur les événements enregistrés par les réseaux sismologiques nationaux et régionaux (Ayiti-séismes, UTS-BME, RD-OSPL-Loyola), se présente comme suit : 137 séismes de magnitude comprise entre 1,3 et 4,9 ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire national au cours du mois de février 2022. Ils sont qualifiés de très mineurs à légers. Quatre (4) d’entre eux ont eu des magnitudes comprises entre 4,0 et 4,9 dont 1 dans le Nord-ouest et 3 dans la Grand’Anse ;

Par rapport au mois de janvier 2022 durant lequel 311 séismes ont été observés, le mois de février a enregistré 174 séismes de moins, soit une diminution de 127 % environ. Cette baisse est due d’abord aux diminutions avec le temps des répliques du séisme du 14 août 2021 (choc principal de magnitude 7,2) près de l’Asile dans les Nippes et ensuite aux diminutions graduelles des nouvelles répliques du séisme du 24 janvier 2022 (choc principal de magnitude 5,5) près d’Anse-à-Veau, toujours dans les Nippes ;

Entre le 1er et le 28 février 2022, les trois départements les plus secoués sont toujours ceux qui ont été les plus touchés par le séisme majeur du 14 août 2021, à savoir :

  • les Nippes avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • la Grand’Anse avec 44 séismes sur 137, soit 32,1 % ;
  • le Sud avec 31 séismes sur 137, soit 22,6 % ;

soit un total de 119 séismes sur 137 pour les trois départements sur dix, ce qui représente 86,8 % des séismes enregistrés pour le mois de février.

La profondeur des séismes survenus au cours du mois de février se situe entre 0 et 84 km. On peut alors les qualifier de séismes superficiels.

Du 14 août 2021 au 28 février 2022 (6 mois 18 jours), les trois départements les plus touchés par le séisme du 14 août 2021, continuent de subir les conséquences de ce séisme majeur. En effet, les Nippes ont enregistré durant cette période 884 séismes, la Grand’Anse en a connu 548 avec un fort pourcentage situé en mer au nord de Jérémie et le Sud 290, soit un total de 1722 séismes. Il faudrait néanmoins faire la distinction entre les répliques du 14 août 2021 et celles du 24 janvier 2022, ainsi que les nouveaux séismes enregistrés dans la Grand’Anse.

Période carnavalesque, les astuces de sûreté et de sécurité à respecter pour éviter d’être victime

Au moment de la période carnavalesque qui est une activité de foule et d’ambiance musicale, on enregistre presque chaque année des cas de victime de toute sorte au sein de la population.

Le plus souvent au moment de l’ambiance, certaines personnes ont tendance à ignorer les consignes de sûreté et de sécurité.

Au cours de cette période carnavalesque, l’AGERCA profite de cette occasion pour partager avec vous quelques consigner à respecter afin d’éviter d’être victime :

  • Sortir en groupe ;
  • Respecter les consignes données par les organisateurs de l’évenement et les forces de l’ordre ;
  • Eviter de porter des objets tranchants pour ne pas blesser les autres ;
  • Laisser libre les axes rouges (permettant la circulation des véhicules de secours) ;
  • Respecter les zones de stationnement prévues ;
  • Eviter de laisser des articles dans les voitures qui pourraient attirer des voleurs ;
  • Eviter d’utiliser des bouteilles en verre ;
  • Eviter de boire trop d’alcool et de ne pas en boire si vous allez conduire ;
  • Respecter les limitations de vitesse sur la route ;
  • Porter des vêtements clairs pour être vu la nuit ou au mieux un gilet réfléchissant et une lampe de poche ;
  • Eviter de rester dans la foule si vous êtes asthmatique ;
  • Attacher la ceinture de sécurité à l’avant comme à l’arrière quand vous êtes en voiture ;
  • Mettre et attacher le casque pour les deux ou trois roues motorisées, passagers y compris ;
  • Respecter les distances de sécurité entre les véhicules et les adapter au trafic et aux conditions météorologiques ;
  • Signaler les forces de l’ordre en cas d’action violente remarquée ;
  • Eviter les bousculades dans la foule ;
  • Avoir un kit de premier secours dans votre voiture ;
  • Eviter de rester près des chars musicaux ;

Ces astuces de sûreté et de sécurité peuvent sauver votre vie et celle de vos proches si vous les respectez correctement. Vous pouvez les partager avec vos proches (amis et familles) pour qu’ils puissent être sensibilisés sur les bons comportements à adopter dans cette activité de foule.

On n’aimerait pas compter des victimes cette année au cours de la période carnavalesque. Alors agissons de manière responsable.

Bon carnaval à tous et à toutes !

Haïti, pays à haut risque sismique : Est-il possible de prévoir des séismes dans une date précise ?

Généralement, un message alarmant, qu’il soit vrai ou faux, circule très rapidement sur les réseaux sociaux notamment via WhatsApp et crée ainsi la panique au sein de la population profane.

Sur les réseaux sociaux, toute forme d’information circule. Certaines d’entre elles sont vraies mais d’autres fausses. Parmi les fausses informations, nous rencontrons souvent des messages qui précisent, la date, l’heure, et le lieu où il va avoir un séisme.

En Haïti, très souvent on entend dire que bientôt, un séisme touchera encore le pays mais que celui-là sera plus dévastateur que celui du 12 janvier 2010… Du coup, on se demande si c’est possible de prévoir des séismes !

NON, NON, absolument NON !  On ne peut pas prévoir les séismes !

Jusqu’à présent, les chercheurs ne trouvent pas encore la formule ou les outils nécessaires pouvant servir à prévoir les séismes dans un temps et dans un lieu bien précis. Selon l’Ingénieur Géologue Claude Prépetit, on peut faire une prévision à long terme, c’est-à-dire, dans quelle période un séisme peut frapper une région quelconque qui dispose d’une activité sismique.

Par exemple, en Haïti notamment dans le département du Nord, un séisme d’une forte magnitude peut se produire à n’importe quel moment selon les prévisions géologiques. C’est le même cas de figure pour la Californie aux Etats Unis d’Amérique, qui attend un séisme de grande magnitude que les américains appellent « the big one ».

Une prévision efficace des séismes comprend 4 éléments : La date, l’heure, le lieu et la magnitude de ce séisme. 

Mise au point sur la sismicité d’Haïti

Haïti est un pays qui détient une activité sismique très active avec deux grandes failles et d’autres petites failles. On a la faille septentrionale qui traverse le grand Nord et la faille de la presqu’île du Sud qui traverse le grand Sud.

En plus de notre sismicité active, ce pays est très vulnérable par rapport à cette menace parce qu’on multiplie de jour en jour nos constructions anarchiques notamment en milieu urbain, ce qui risque de produire une catastrophe à n’importe quel moment. Pour le bien-être de votre santé, restez vigilant par rapport aux fausses informations pour éviter de paniquer. L’AGERCA profite de cette occasion pour vous inviter à rester connecté avec les sources officielles comme la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et le Bureau des Mines et de l’Energie (BME) pour des informations liées à la sismicité du pays. Suivez aussi l’AGERCA qui divulgue ces informations officielles sur toutes ses pages sur les réseaux sociaux et sur son site internet.

Rapport de situation #2 – Inondations dans les départements des Nippes, du Nord et Nord-Est

Faits saillants

  • Le bilan provisoire actualisé fait état de 5 décès, 1 disparu et 2 581 ménages affectés dans 22 communes des départements du Nord-Ouest, Nord, Nord-Est et des Nippes ;
  • Les besoins les plus urgents sont des abris, des kits alimentaires et d’hygiène et l’eau potable ;
  • L’accès aux zones affectées reste très difficile en raison de l’état des routes et des infrastructures endommagées par les fortes précipitations ;
  • Plus de 1 900 personnes se sont réfugiés dans des abris provisoires au Cap-Haïtien et à Fort-Liberté.

Contexte

Ce mardi, des précipitations, de moindre intensité, ont continué à arroser les départements de la région Nord du pays mais elles devraient se dissiper dans les prochaines heures. Ces précipitations ont provoqué des crues soudaines dans les principaux cours d’eau des départements touchés, notamment dans le département du Nord les rivières Barre à Saint-Louis du Nord et Bas de Sainte-Anne à Anse-à-Foleur.

A Baradères (département des Nippes), les maisons inondées sont celles situées en bordure de la rivière qui traverse la ville. Aucune perte en vie humaine ou destruction de maisons n’a été enregistrée. Une grande partie des 153 ménages affectés par la crue de la rivière ont déjà regagné leur habitation.

Accès : Département du Nord-Ouest – Dans la ville de Port-de-Paix, l’accès à plusieurs quartiers reste extrêmement difficile en raison de la boue et des eaux stagnantes. L’axe routier Anse à Foleur qui traverse Saint-Louis du Nord est difficile d’accès, tout comme la route entre Port-de-Paix et Jean Rabel. Les difficultés de déplacement retardent les évaluations et les remontées d’informations et entraînent la suspension partielle des activités scolaires et commerciales.

Département du Nord – La route nationale (RN) 3 est relativement praticable, bien que certaines sections dans les zones montagneuses (Milot/Grand Rivière du Nord) soient difficiles en raison de la présence de mares boueuses. De même, l’accès au sud du Cap Haïtien est rendu difficile par la présence de nombreuses mares d’eau sur les routes.
Département du Nord-Est – Le pont qui relie la commune de Ferrier et la route Nationale 6 est endommagé.
Département des Nippes – Pas ou peu de problèmes d’accès ont été signalés, à l’exception de l’accès à l’eau potable dans les zones inondées de Baradères.

Bilan provisoire

Les dernières données partagées par les Coordinateurs départementaux (voir tableau des bilans ci-dessous), font état de quatre (4) décès et d’une (1) personne disparue, dans les départements du Nord-Ouest et du Nord-Est. Le nombre total de ménages affectés, encore provisoire, atteint 2 581 dans les 22 communes affectées. Les communes de Trou du Nord, Ouanaminthe, Caracole, Fort Liberté, Ferrier et Terrier Rouge sont les plus touchées par les inondations.

Actions entreprises

Les COUD du Nord, Nord-Est, Nord-Ouest et Nippes ont été activés et des réunions de coordination avec les partenaires ont été organisées dans les 4 départements. La protection civile du département du Nord-Est a mobilisé 68 brigadiers pour l’évaluation rapide des dégâts dans les communes affectées par les inondations. Les évaluations rapides des dommages et l’identification des besoins coordonnées par la Protection Civile ont été appuyées par les agences des Nations Unies et les ONG internationales présentes dans les quatre départements.

A Fort Liberté, les autorités locales ont activé l’abri provisoire de l’Ecole Nationale Roméo de Malfety pour accueillir 500 personnes. Dans la ville du Cap-Haïtien, 7 abris provisoires (Semi-Lycée Anacaona, Gymnase, Tabernacle, Saint-Martin, Hôtel Benoise, Lycée Toussaint Louverture et école nationale de Blue-Hills) ont été activés pour accueillir un total de 1 446 personnes, dont 480 femmes et 287 enfants. Le Programme alimentaire mondial a distribué 250 repas et les distributions se poursuivront dans les prochains jours. La Direction départementale de la santé a distribué 40 seaux avec robinets contenant des articles d’hygiène et l’ONG Plan International a distribué 50 matelas.

Recommandations

  • Poursuite des évaluations de l’impact sur les habitations, les infrastructures ainsi que dans le secteur de l’agriculture fortement affecté par les inondations ;
  • Déploiement d’équipes d’assainissement dans les communes fortement touchées ;
  • Curage des drains, particulièrement dans les communes de Ouanaminthe, Trou du Nord, Terrier Rouge, Fort-Liberté et Ferrier ;
  • Distributions d’urgence de nourriture, de kits d’hygiène et kits de nettoyage des maisons pour les familles sinistrées – Poursuite des activités de recherche et sauvetage des victimes et disparus dans les zones affectées.

Rapport de situation #1 – Inondations dans les départements des Nippes, du Nord et Nord-Est

Faits saillants de la situation

  • Le front froid qui s’étend de l’Atlantique Nord au Nicaragua en traversant l’île d’Haïti a provoqué le 30 et 31 janvier des précipitations importantes dans plusieurs départements du pays, notamment le Nord, le Nord-Est et les Nippes ;
  • Au moins 20 communes des départements du Nord, du Nord-Est et des Nippes ont été affectées par des inondations provoquées par les eaux de ruissellement et les crues de certaines rivières ;
  • Le bilan provisoire au 31 janvier fait état de 2 578 maisons inondées et 3 détruites, laissant près de 2 500 familles dans le besoin d’abris provisoires (familles sinistrées) ;
  • Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée ;
  • Le pont qui relie la commune de Ferrier et la route Nationale #6 a été endommagé.

Mise en contexte de l’événement

Selon les prévisions hydrométéorologiques, des averses orageuses modérées à fortes étaient attendues dans certaines régions du pays, notamment dans les départements du Nord, du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Sud, des Nippes et de la Grand’Anse, entraînant des risques d’inondations et de crues soudaines.

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 2022, au moins 20 communes des départements du Nord, du Nord-Est et des Nippes ont enregistré des inondations causées par les eaux de ruissellement et les crues de certaines rivières. A ce jour, les collectivités locales ont signalé des maisons inondées, notamment dans les départements des Nippes et du Nord.

Les pluies qui ont continué à tomber dans ces départements au cours de la journée du 31 janvier ont rendu difficile l’évaluation de l’impact et des dégâts dans plusieurs des communes affectées.

Bilan provisoire au 31 janvier

La ville de Cap-Haitien dans le département du Nord a été particulièrement touchée. De nombreux quartiers ont été envahis par les eaux, (Centre-ville, Bel-Air, Haut du Cap, ZoVincent, BasVertières, Carénage, Vertières, Charrier, Petite Anse, Bas Champin, Cité Chauvel, cité Champin, Cité du Peuple, Blue-Hills, Baudin, Conassa, Fourgerolles, Rue zero, Fatima, Basiko).

Les conditions de déplacement n’ont pour le moment pas encore permis d’établir un bilan des dégâts. Dans les Nippes, certains quartiers des communes d’Anse-à-Veau et de Baradères se sont également retrouvés sous les eaux où quelques 310 habitations ont été inondées. Dans le Nord, le complexe industriel de Caracol a subi de nombreux dégâts, notamment la centrale électrique

Actions entreprises

  • Activation des Centres d’opération d’urgence départementale (COUD) du Nord, Nord-Est et des Nippes ;
  • Réunions de coordination, déploiement des premières équipes pour les évaluations rapides de l’impact et des besoins urgents par les volontaires de la DGPC, la Direction de la réponse aux urgences (DRU) de la DINEPA ainsi que les partenaires ;
  • Mobilisation d’articles de réponse d’urgence par la DGPC au niveau national ;
  • Messages au grand public sur la situation météorologique et des risques ;
  • Intervention d’urgence sur le pont pour rétablir l’accès à la commune de Ferrier.

Recommandations

  • Poursuite des évaluations de l’impact sur les habitations, les infrastructures ainsi que dans le secteur de l’agriculture fortement affecté par les inondations ;
  • Déploiement d’équipes d’assainissement dans les communes fortement touchées ;
  • Curage des drains, particulièrement dans les communes de Ouanaminthe, Trou du Nord, Terrier Rouge, Fort-Liberté et Ferrier ;
  • Distributions d’urgence de nourriture, de kits d’hygiène et kits de nettoyage des maisons pour les familles sinistrées.

Bureau des Mines et de l’Energie (BME) – Bulletin annuel de 2021 des activités sismiques en Haïti

Le bilan sismique de l’année se présente comme suit :

1647 secousses sismiques de magnitudes comprises entre 1,0 et 7,2 considérées comme très mineures à majeures, ont été enregistrées sur l’ensemble du territoire national entre janvier et décembre 2021. Par rapport à l’année 2020, qui a connu 499 séismes de magnitudes comprises entre 1,0 et 4,9 qualifiées de très mineures à légères, l’année 2021 a enregistré une augmentation de 1148 séismes, soit une hausse de 230 %.

Cette augmentation est due au séisme majeur de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter survenu le samedi 14 août 2021 dans le département des Nippes à 8h29’07’’, heure locale. Selon les premiers calculs, l’épicentre de cet événement a été localisé sur le système de failles Enriquillo Plantain Garden à 18,49o de latitude nord et -73,59o de longitude ouest, à une profondeur de 10 km. Ce séisme s’est produit plus précisément dans la commune des Baradères à 12 km de Saint-Louis du Sud, 6 km de L’Asile et 10 km de Petit Trou de Nippes. D’après les résultats préliminaires, le séisme s’est produit en deux temps : un premier segment s’est rompu entre les communes de L’Asile et de Baradères en relâchant l’essentiel de l’énergie, 40 % plus importante qu’en 2010 ; la rupture s’est ensuite propagée vers l’ouest dans la zone du Pic Macaya – Maniche – Camp-Perrin en devenant plus superficielle. Le séisme a rompu un segment de faille d’environ 50 km de longueur (de L’Asile à l’est, au Pic Macaya à l’ouest). Le glissement moyen sur la faille est d’environ 2 mètres (Calais et al.)

L’enregistrement des séismes mensuels au cours de l’année 2021 montre deux périodes. La première s’étend du 1er janvier au 13 août, au cours de laquelle 280 séismes (17 %) ont été enregistrés et la seconde va du 14 août au 31 décembre qui a connu 1367 séismes (83 %), ce qui a donné le total de 1647 séismes pour l’année.

Si on considère les séismes enregistrés par département géographique, on constate que durant la première période, du 1er janvier au 13 août 2021, les départements les plus sismiquement sollicités ne diffèrent pas trop de ceux observés en 2020. En effet, le Nord-ouest, le Sud-est et l’Ouest ont toujours conservé leur grande activité sismique sur le territoire tandis que la Grand’Anse, le Nord-est et le Centre se sont encore révélés de moindre activité.

Durant la seconde période allant du 14 août au 31 décembre 2021, la situation a drastiquement changé depuis le séisme du samedi 14 août dans les Nippes. En effet, les trois départements les plus touchés par ce séisme, à savoir, les Nippes, la Grand’Anse et le Sud ont occupé la tête du classement pendant les cinq derniers mois de l’année 2021. Cette situation est fort compréhensible pour les Nippes où l’épicentre du séisme de magnitude 7,2 a été localisé et autour duquel on s’attendait à avoir des répliques. De plus, quelques heures après le choc, les calculs de mouvements du sol ont montré que la secousse a été violente dans une région s’étendant de la commune des Cayes à celle de L’Asile et sur toute la largeur de la Péninsule Sud. Plus de 900 répliques ont été enregistrées par la suite dont 400 de magnitude supérieure à 3 susceptibles de causer des dégâts aux bâtiments et de provoquer des mouvements de terrain. Les parties montagneuses des communes dont Corail, Pestel, Cam-Perrin, Maniche, Torbeck, Asile, Arnaud, ont été les plus touchées. Après le choc, les répliques se sont étendues sur 80 km de longueur dans la direction est-ouest dans la Péninsule du Sud et semblent correspondre aux deux plans de rupture mentionnés.

Le séisme du 14 août a, paraît-il, entraîné une crise sismique dans la Grand’Anse qui a enregistré 396 secousses du 14 août au 31 décembre et dont certains épicentres se situent en mer autour de la faille Nord-Grand’Anse-Nippes mise en évidence en 2017 par le « projet de cartographie multirisques de la Grand’Anse » du MPCE mise en oeuvre par le PNUD. Cette faille de 220 km de long a un potentiel sismique de 7,2 d’après les études du PNUD, elle est distante d’une quinzaine de km au nord de la ville de Jérémie, elle a été peut être activée par le séisme du 14 août et on continue à enregistrer des secousses dans la Grand’Anse au début de l’année 2022, ce qui ferait craindre un séisme majeur sur cette faille suivi de tsunami qui seraient néfastes pour la côte nord de la presqu’île du Sud.

En conclusion, dans un intervalle de onze ans (2010-2021), Haïti a été frappée en deux fois par des séismes majeurs de magnitude 7 et 7,2, respectivement celui du 12 janvier 2010 et celui du 14 août 2021. Dans les deux cas, il y a eu des dommages énormes, des pertes en vies humaines et économiques considérables. Face à ces catastrophes récurrentes, Il est plus que temps de disposer d’un plan de réduction du risque sismique en Haïti à l’échelle nationale, car l’aléa est national, et de pratiquer de manière continue la prévention, unique moyen de réduire la vulnérabilité de la population aux effets des aléas sismiques imprédictibles. Aussi, nous lançons un appel à nos chers compatriotes pour leur demander de prendre davantage conscience de ce phénomène naturel, de « Travailler sans relâche à la sauvegarde de l’environnement de leur pays et de s’efforcer toujours de le placer sur la voie de la sécurité sismique en pensant à de meilleures constructions et en appliquant les consignes de la Protection Civile ».

12 Janvier 2010 – 12 Janvier 2022 : 12 ans après, le pays est encore plus vulnérable qu’avant ce séisme dévastateur

12 janvier 2010 – 12 janvier 2022, 12 ans après ce séisme dévastateur qui a causé la mort d’environ 220.000 personnes dont nous saluons la mémoire ici, force est de constater que notre cher pays est toujours si ce n’est davantage, autant vulnérable aux aléas qu’il ne l’était à l’époque.

Au-delà de ces pertes incommensurables en vie humaine, la perte économique de plus de 7.804 milliards de dollars US selon le Rapport d’évaluation du gouvernement, 2010, aurait dû porter les instances dirigeantes à prendre des dispositions multiples afin non seulement d’éviter que tel drame humain ne se reproduise mais aussi prévenir une autre catastrophe économique. En effet, investir dans la protection coûte 100 fois moins cher que dans la réparation.

Comme le dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Il est temps que toutes les bonnes volontés à tous les niveaux de la vie nationale se regroupent pour bâtir une Haïti résiliente, étape par étape, chacun à son niveau. Parmi les tâches à achever, on peut citer :

  1. La mise en place de politiques publiques prenant en compte les risques ;
  2. Le renforcement de la conscientisation générale de la population ;
  3. L’implication plus forte de la société civile ;
  4. L’implémentation de projets durables au bénéfice des communautés les plus vulnérables.

L’AGERCA étant la représentante du secteur privé et de la société civile dans le Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD), renouvelle son engagement pour continuer à jouer son rôle d’accompagner le SNGRD dans la construction de la résilience du pays.

AGERCA – Note de presse : Remerciement aux institutions qui ont contribué dans la réponse du séisme 14 août

Après une année 2021 remplie de difficultés de toutes sortes, nous voici déjà en 2022, à la veille de l’anniversaire de cette tragédie qui a marqué à jamais le pays et dont les stigmates sont toujours visibles. L’Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activités (AGERCA), représentante du secteur privé et de la société civile renouvelle son engagement auprès de la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) pour collaborer dans le cadre de la Gestion des Risques de Désastre en Haïti.

Malheureusement comme cela devient une triste habitude, 2021 a apporté son lot de catastrophes naturelles et autres qui ont laissé des traces indélébiles avec un goût amer dans la bouche de toute la population haïtienne, en particulier avec le séisme du 14 Août dans la péninsule du grand Sud du pays puis l’incendie terrible du Cap-Haitien dans la nuit du 13 au 14 décembre 2021 parmi tant d’autres tragédies et cette insécurité galopante qui ne fait qu’ajouter à l’instabilité politique et vice versa.  

Nous avons déjà raté beaucoup d’occasions de relancer l’économie de ce pays, condition sine qua none pour nous préparer à faire face aux grands défis. Alors nous devons faire que cette année 2022 nous permette enfin d’entrevoir la sortie du tunnel et préparer un avenir meilleur pour nos enfants. Les menaces naturelles font partie de notre vie, nous devons nous préparer à y faire face et être en mesure de les gérer au mieux afin d’en minimiser les effets.

Par la présente, l’AGERCA adresse un sincère remerciement aux institutions suivantes :  BRANA, Culligan, AIC, DIGICEL, AHF, Papyrus, Matpar, Reinbold Import Export, TVB, HERO, Bandari, les groupes Canez et REBO, Shippex, One Diaspora, Casami, EKO Dépôt, Ibo Kinkay, Codevi, Enmarcolda, Val d’Or, Cemex, Farmatrix, Séjourné, Quality Sewing, Industrie San Miguel Haïti, les stations de média partenaires, les chambres de commerce et associations patronales ainsi que toutes les autres institutions pour leurs contributions incommensurables dans le cadre de la réponse suite au séisme du 14 août dernier sans oublier bien sur la DGPC, partenaire essentiel. Tous les supports, en nature et en espèce, ont été reçus avec un sentiment de gratitude car ils ont apporté joie et espérance aux victimes.

De manière particulière, l’AGERCA envoie un remerciement spécial à tous les membres du secteur privé des affaires, de la société civile mais encore une fois à la DGPC pour leurs contributions et assistance à chaque situation de crise que nous connaissons en Haïti.

Pour cette nouvelle année, l’AGERCA partage avec vous ses vœux de bonheur, de paix, d’amour et de sérénité afin de passer une excellente année en toute sûreté et sécurité par rapport aux différentes menaces auxquelles le pays est exposé.

Danje a pou nou tout !  

Fête de Noël et de fin d’année, la prudence est de mise contre la COVID-19 et l’insécurité en Haïti

En Haïti, les fêtes de Noël et de fin d’année sont considérées comme les fêtes les plus mouvementées en termes d’activités sociales et récréatives. Cette année, la situation de la période festive est très délicate avec deux situations de crise qui créent de la panique au sein de la population. Il s’agit de la COVID-19 et de l’insécurité incluant des cas d’enlèvement avec demande de rançons…

Par rapport à la situation de COVID-19 en Haïti, le dernier bilan s’élève à 25,917 cas d’infection, 765 décès et 22,666 personnes traitées. Par ailleurs, la campagne de vaccination continue sur tout le territoire national avec le support du programme COVAX. Le bilan total des personnes vaccinées s’élève à 72,102.

L’AGERCA veut rappeler à la population que la prudence est toujours de mise pour éviter de ne pas être infecté par le nouveau coronavirus pendant cette période de fête.

Les mesures de précaution contre la COVID-19 sont les suivantes :

  1. Lavez fréquemment vos mains. Utilisez du savon et de l’eau, ou une solution hydroalcoolique ;
  2. Tenez-vous à distance de toute personne surtout celle qui tousse ou éternue ;
  3. Évitez les activités de foule ;
  4. Portez un masque lorsque la distanciation physique n’est pas possible ;
  5. Évitez de vous toucher les yeux, le nez ou la bouche ;
  6. Couvrez-vous le nez et la bouche avec le pli du coude ou avec un mouchoir, en cas de toux ou d’éternuement ;
  7. Restez chez vous si vous ne vous sentez pas bien ;
  8. Consultez un professionnel de santé si vous avez de la fièvre, que vous toussez et que vous avez des difficultés à respirer.

L’insécurité est un type de risque anthropique car il est dû par le biais des actions humaines. Au cours de ces derniers mois, tout le monde a constaté une augmentation galopante de la situation d’insécurité en Haïti. Pendant cette période de fête, il est extrêmement important de faire beaucoup d’attention et d’être très vigilant dans toutes vos activités.

Quelques conseils contre l’insécurité :

  1. Informez vos proches de vos parcours ;
  2. Sortez en groupe si possible ;
  3. Évitez de sortir seul/seule la nuit sauf en cas d’extrême urgence ;
  4. Dans la rue, donnez toute votre attention à tout ce qui se passe autour de vous en voiture, à moto ou à pied ;
  5. Identifiez au préalable les actions à entreprendre en cas d’urgence ;
  6. Évitez d’être distrait dans votre téléphone ;
  7. Évitez les zones dangereuses et les détours peu fréquentés ;
  8. Eviter de faire de la propagande de vos avoirs et de vos activités sur les réseaux sociaux ;
  9. Assurez-vous que toutes les portes de votre maison ou bureau sont fermées ;
  10. Restez courtois (e) avec tout le monde. 

Dans tous les pays du monde, les fêtes de Noël et de fin d’année restent toujours les fêtes les plus exceptionnelles de l’année. L’AGERCA veut profiter de cette occasion pour souhaiter à tous un Joyeux Noël 2021 et une Heureuse Année 2022 tout en respectant les consignes susmentionnées.